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Janine Pimentel
Cette étude utilise un corpus comparable portugais-anglais contenant un seul genre de textes, à savoir les décisions des cours suprêmes, à partir duquel 100 verbes spécialisés ont été sélectionnés pour chaque langue. La description des verbes se base sur la théorie de la sémantique des cadres (Fillmore 1976, 1977, 1982, 1985; Fillmore and Atkins 1992), sur la méthodologie de FrameNet (Ruppenhofer et al. 2010), ainsi que sur la méthodologie développée à l'Observatoire de linguistique Sens-Texte pour compiler des ressources lexicales spécialisées, telles que le DiCoInfo (L'Homme 2008). Les 200 termes ont été regroupés en 76 cadres sémantiques. Certains cadres sémantiques sont propres aux procédures des jugements, tels que [Compliance] et [Verdict], tandis que d'autres, tels que [Argumentation] et [Granting], ne le sont pas. Nous montrons que, dans le premier cas, les cadres sémantiques regroupent des verbes spécialisés et que, dans le deuxième cas, ils regroupent des verbes à emploi spécialisé. Dans les deux cas, les verbes peuvent causer des problèmes de production et de compréhension tant aux traducteurs qu'aux rédacteurs techniques, d'où l'importance de les inclure dans les ressources terminologiques.
Dès leur mise en circulation, mots et termes sont sujets à la variation. Celle-ci peut s’articuler dans le temps. « Les mots s’empruntent, s’oublient, se perdent, se renouvellent », écrit si bien Arsène Darmesteter en 1889 dans La vie des mots. La variation lexicale peut aussi s’articuler dans l’espace, ce qu’illustrent notamment les travaux de Claude Poirier sur le français québécois et d’André Thibault sur les français des Antilles. D’autres mouvements lexicaux, telles la terminologisation et la déterminologisation (mouvements décrits et nommés par Ingrid Meyer), sont moins connus. La terminologisation correspond au passage dans la langue générale d’unités lexicales spécialisées; la déterminologisation correspond au phénomène inverse, lorsque des unités lexicales connues de tous migrent vers le discours spécialisé. La description généralement adoptée du lexique en fonction de domaines de spécialité cloisonnés ne permet pas de décrire et de saisir adéquatement le passage des unités lexicales d’une sphère de connaissances à une autre. Si les linguistes qui oeuvrent en lexicologie s’intéressent depuis longtemps à la variation sous ses diverses formes, il en va autrement de ceux qui oeuvrent en terminologie. La variation terminologique est un phénomène qui n’est décrit que depuis la fin des années 1990, à la suite de travaux plus étroitement liés à la linguistique de corpus et à l’informatique. L’étude théorique de la variation, bien qu’intéressante, doit pouvoir déboucher sur des approches méthodologiques visant la prise en charge lexicographique et terminographique des divers types de variation dans les dictionnaires et les bases de données lexicales. Dans un tel contexte, réunir des chercheurs provenant de la lexicologie, de la lexicographie, de la terminologie, de la linguistique de corpus et de l’informatique, des sciences cognitives, etc., contribuera nécessairement à enrichir la réflexion sur le sujet.
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