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À quelles conditions la biosphère (« la Terre », « Gaïa ») constitue-t-elle un niveau authentique d'organisation biologique autorisant l'attribution de fonctions à ses parties?

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Sébastien Dutreuil : Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Résumé de la communication

L'hypothèse Gaïa (HG) suggérait que l'influence de la vie sur l'environnement global pourrait mener à une homéostasie planétaire par et pour la biosphère; on en retient une comparaison de la Terre à un organisme. Dawkins rappellera que la Terre ne peut être soumise à sélection, car elle ne se reproduit pas. Les auteurs sur HG en ont tiré les conséquences en abandonnant les formulations téléologiques.

Tout en m'appuyant sur les découvertes réalisées dans les sciences du système Terre et les clarifications théoriques d'une littérature sur Gaïa, je voudrais m'engager dans une voie complémentaire en réexaminant certaines questions philosophiques abandonnées après Dawkins. La force relative de la sélection aux différents niveaux de la hiérarchie des individus biologiques joue un rôle important dans l'émergence et le maintien de ces niveaux. Or la Terre constitue un niveau singulier: contrairement aux écosystèmes c'est en droit que la sélection ne peut s'appliquer.

À partir d'exemples précis j'examinerai les questions, liées, de savoir à quelles conditions (i) Gaïa constituerait un niveau authentique d'organisation biologique et (ii) des énoncés fonctionnels attribués soit à des individus situés à un niveau hiérarchique plus bas («organismes », écosystèmes, ...), soit à des phénomènes abiotiques seraient légitimes.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 9 mai 2013

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