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Serge Ramel : Haute école pédagogique du canton de Vaud
Au Québec comme en Suisse, les politiques scolaires ont favorisé ces dernières années une plus grande intégration des élèves à besoins éducatifs particuliers. On constate cependant qu'un grand nombre de ces élèves accumulent des retards au cours de leur scolarité et sont même souvent scolarisés dans des structures spécialisées. Les enseignants titulaires, sur les épaules desquels repose une part importante de la mise en œuvre de l'intégration scolaire, semblent ainsi ne pas savoir comment faire progresser ce type d'élèves. Une étude menée auprès de 138 enseignants québécois de niveau primaire conclut que seul un tiers d'entre eux se dit être en mesure d'adapter ses exigences aux capacités de ces élèves. Ces enseignants utilisent adéquatement le concept de différenciation pédagogique en le distinguant de celui d'adaptation de l'enseignement. Une autre étude, menée auprès de 479 futurs enseignants suisses sur leurs représentations sociales relativement à l'intégration scolaire, montre l'importance de celles-ci dans la réponse qu'ils sont d'accord d'apporter aux besoins particuliers des élèves.
La question que nous nous posons conjointement est celle des déterminants expliquant chez les enseignants les raisons de leur adhésion ou non à ajuster leur enseignement aux capacités de leurs élèves. En effet, la formation des enseignants, novices comme experts, a tout intérêt à mieux prendre en compte ces facteurs pour repenser notamment les modalités de cours et de stages.
Comment intervenir afin d’amener les futurs enseignants à considérer la diversité, non plus comme un problème, mais plutôt comme une ressource, tel que le propose les chercheurs-formateurs s’intéressant au phénomène en contexte scolaire (Barth, 2013; Ducette et al., 1996; Prud’homme et al., 2011)? Si la diversité en éducation peut/doit être considérée comme l’expression légitime de l’unicité de chaque élève (caractéristiques et préférences liées à ses expériences antérieures), mais aussi au contexte où elle se manifeste (Prud'homme, Vienneau, Ramel et Rousseau, 2011), comment les dispositifs de formation peuvent-ils préparer le futur enseignant à reconnaître, valoriser et exploiter ce phénomène pour apprendre en classe?
Les acteurs scolaires sont nombreux à traiter d’une hétérogénéité croissante d’apprenants dans les écoles (Humphrey et al., 2006). Simultanément, une proportion importante d’enseignants expriment un faible sentiment de compétence face à la gestion de cette diversité, et ce, dans différents pays du monde (Bélanger, 2010; Horne et Timmons, 2009; Koutrouba et al., 2006; Paré, 2011; Ramel et Lonchampt, 2009; Rouse, 2010). Si les préoccupations au regard de ce phénomène ne sont pas nouvelles (Corno et Snow, 1983; Smith, 1969), elles semblent plus pressantes aujourd’hui et comportent certainement des défis importants pour la formation à l’enseignement. En ce sens, plusieurs écrits scientifiques et officiels réclament des changements majeurs en formation initiale des maîtres, proposant parfois la nécessité d’une restructuration d’ensemble des dispositifs de formation (Bergeron et St-Vincent, 2011; Ducette et al., 1996; Forlin, 2010; Imobersteg, 2010; Kane et al., 2002; Melnick et Zeichner, 1998; MEQ, 2001). La question de la préparation des futurs enseignants à travers la formation initiale est préoccupante face au phénomène de la diversité.
Ce colloque réunit des chercheurs-formateurs dont les travaux scientifiques visent à améliorer la formation initiale à l’enseignement à l’égard de la diversité qui se manifeste dans une classe. Cette rencontre scientifique veut permettre la diffusion de travaux sur cette question et est conçue comme un espace de dialogue sans frontières pour s'enrichir mutuellement de nos diversités culturelles. Ainsi, chacune des sessions débouche sur une discussion ouverte à l'ensemble des participants.
Thème du colloque :