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Roger Parent : University of Alberta
Le projet AFIMES a piloté une démarche de formation interculturelle de dix-huit heures à La Cité collégiale en juin 2012. L'objectif consistait à adapter ce training interculturel à la spécificité des besoins d'étudiants francophones et francophiles au niveau collégial dans la région de l'Outaouais. L'étude portait sur l'évaluation des retombées pédagogiques à court et à moyen terme de la démarche pédagogique utilisée. L'analyse des données quantitatives et qualitatives ressorties de cette évaluation démontre l'apport des modèles de formation interculturelle axés sur l'autonomie de l'apprenant ainsi que sur un apprentissage multidimensionnel (métacognitif, cognitif, affectif et comportemental). Ces données préliminaires mettent en évidence la nature essentiellement sémiotique des compétences interculturelles acquises. Ces compétences se manifestent particulièrement sous forme d'une capacité accrue à effectuer l'analyse ou le décodage d'un milieu culturel et à déployer des stratégies communicatives propices à la résolution de problèmes. La méthodologie de l'évaluation conceptuelle permet également de rendre compte des retombées à court et à moyen terme de l'initiative AFIMES du point de vue des participants en juxtaposant les objectifs d'apprentissage visés à l'inventaire des concepts par lesquels ces futurs intervenants en santé établissent leurs propres critères pour définir et développer des soins de santé linguistiquement et culturellement appropriés à leurs patients.
L’appartenance à un groupe linguistique minoritaire est reconnue comme un déterminant dans les domaines de la santé et des services sociaux du fait que la communication verbale est à la base de l’intervention. Il est aussi établi que les nouveaux professionnels de ces domaines, même ceux formés en français, ne sont pas adéquatement outillés pour œuvrer auprès des communautés francophones en situation linguistique minoritaire, et ce, tant pour reconnaître les enjeux liés à l’offre active de services en français que pour poser des gestes concrets afin d’améliorer l’accès à ces services (Bouchard et Vézina, 2009). Le colloque portera donc sur les thèmes de l'accès aux services sociaux et de santé en français, l'offre active de services en français ainsi que la formation des professionnels dans ces champs de pratique en Francophonie minoritaire canadienne.
En matière d’accès, quel est le quotidien des professionnels francophones ou bilingues de la santé et des services sociaux qui travaillent en contexte francophone minoritaire? Comment réussissent-ils à dépasser les obstacles auxquels ils font face? En termes d’offre active, quels sont les comportements qu’adoptent les professionnels de ces domaines pour favoriser l’accès aux services en français? Qu’est-ce qui les motive à mettre de l’avant de tels comportements? Par rapport à la formation, quels sont les approches pédagogiques et les contenus de formation qui servent à mieux préparer les futurs professionnels à œuvrer auprès des communautés francophones minoritaires? Quelles sont les lacunes dans les contenus de formation dans le champ de la santé et des services sociaux en francophonie minoritaire? Quelles sont les façons de les combler? Bref, ce colloque permettra de réfléchir sur des répercussions de la recherche sur l'accès, l'offre active et la formation dans le but d’améliorer les soins, les interventions et les politiques de santé et de services sociaux auprès des communautés francophones minoritaires.