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Emilie Moget : Université catholique de Louvain
Les profonds changements vécus au sein de la famille en Occident ces dernières décennies ont conduit à l'émergence de nouvelles configurations familiales. Celles-ci ont des impacts sur le vécu psychologique des individus. Nous nous proposons d'exposer notre recherche portant sur les familles homoparentales. Leurs apparences, de moins en moins « marginales » viennent bouleverser nos repères, nos représentations de ce que doit être « une famille », cette dernière se constituant traditionnellement d'un père, d'une mère et d'un enfant. Plus spécifiquement, notre intérêt porte sur les couples lesbiens qui ont recours aux pratiques modernes d'aides à la procréation avec un don de sperme anonyme. De nombreuses questions sont soulevées : leur rôle auprès de l'enfant à naître, la place du donneur anonyme dans leur histoire de vie familiale, la question des origines, le développement de l'identité sexuée de l'enfant, leur intégration au sein d'une société hétéronormative, etc. Étude qualitative, longitudinale et prospective, enfants et parents sont régulièrement rencontrés. Notre démarche étant de mettre en lumière la singularité de leur fonctionnement familial.
Organisé par l'équipe de recherche Sexualités et Genres : Vulnérabilités, Résiliences, ce colloque propose une exploration multidisciplinaire des thèmes actuels en recherche concernant les enjeux vécus par les familles issues de la diversité sexuelle, ici et ailleurs. Il fera état de la réalité de ces familles, c’est-à-dire celles dont au moins l’un des parents s’identifie comme lesbienne, gai, bisexuel-le, transgenre ou transsexuel-le.
Ces familles ont comme particularité la dissociation qu’elles font entre la procréation et l’éducation des enfants alors qu’elles mettent en évidence une certaine rupture entre les aspects biologiques, sociaux et légaux dans le lien parent-enfant. En effet, pour se concrétiser, le projet parental des gais et lesbiennes doit nécessairement impliquer une tierce partie, que ce soit un donneur ou une donneuse de gamètes, une femme qui acceptera d’agir comme « mère porteuse », ou encore des parents d’origine d’un enfant adoptable. Quant aux familles transparentales (c’est-à-dire celles dont l’un des parents présente une transidentité), si elles n’impliquent pas nécessairement un apport extérieur à l’unité conjugale pour s’établir, elles doivent néanmoins composer avec une transformation du rôle parental induit par la nouvelle identité de genre,a fortiori lorsque celle-ci se produit après la création de la famille. Enfin, même si au Québec elles ont atteint l’égalité juridique depuis dix ans grâce à la Loi instituant l’union civile et les nouvelles règles de filiation, les familles issues de la diversité sexuelle doivent faire face à des enjeux et défis spécifiques reliés au contexte hétéronormatif dans lequel elles évoluent.
Concrètement, ce colloque abordera les thèmes suivant : a) enjeux et défis sociojuridiques auxquels font face ces familles; b) impacts de l’homophobie, de la transphobie et de l’hétéronormativité sur leur bien-être; c) besoins des familles en terme de services ou de programmes d’intervention; d) vécu des enfants et; e) état des lieux des recherches sur le sujet dans la francophonie.
Titre du colloque :