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Ève Paquette-Bigras : Université de Montréal
Si, déjà à la fin du 19e siècle, l'écrivain français Stéphane Mallarmé louait dans Autre étude de danse les éblouissantes performances de Loïe Fuller, une des pionnières de la danse moderne,depuis quelques décennies, la danse, comme pratique artistique, comme sujet d'études et de recherche, comme expression culturelle, est valorisée comme rarement auparavant. La documentation de la danse connait parallèlement une croissance considérable. Il devient alors important de mieux décrire la danse dans les archives, sachant que la description en amont influe grandement sur l'accès en aval.
Lors de la réalisation de notre projet de recherche, nous avons comparé un vocabulaire de description de la danse dans les archives et un vocabulaire de représentation de la danse dans la littérature extrait d'un corpus numérique de textes provenant des recueils Divagations (1897) et Poésies (1899) de Stéphane Mallarmé par des méthodes d'extraction automatique de connaissances. Nous avons ainsi trouvé une certaine complémentarité entre les deux vocabulaires en ce qui a trait à la description de l'expérience esthétique. Nous avons creusé au coeur d'un art, la littérature, pour en faire émerger une description de l'expérience de l'art. Une expérience de l'art unique et personnelle, subjective, celle de Stéphane Mallarmé, mais une expérience de l'art qui a eu une profonde influence sur la suite des choses, sur l'histoire de l'art moderne, de la danse moderne.
On assiste depuis une vingtaine d’années à un éclatement de la notion d’archives, sur le plan de sa définition, de ses pratiques, de ses supports : l’arrivée des technologies numériques, l’absorption sous la notion de patrimoine de domaines de plus en plus vastes et larges, une attention marquée pour les formes sensibles de l’inscription et de l’enregistrement du passé, entraînent une nouvelle compréhension, critique, théorique, esthétique et sociale des archives. Il n’est donc pas étonnant que la réflexion sur les archives suscite un engouement marqué dans bon nombre de disciplines, bien au-delà du seul champ de l’archivistique et de l’histoire — alors qu’en même temps ces dernières subissent de très importants bouleversements dans leur manière de penser les archives et les nouveaux défis qu’elles posent. Des études cinématographiques à la philosophie, de la littérature aux communications, de l’anthropologie à l’histoire de l’art, de la psychanalyse à la théologie, et bien d’autres, toutes les branches des sciences humaines et sociales, de diverses manières et pour diverses raisons, se trouvent interpellées par la question de l’archive. Ce colloque a pour but de témoigner de cette pluralité des appréhensions et des compréhensions de l’archive, dans une perspective intermédiale.
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