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Séverine Leroysev@gmail.com : Université Rennes 2
De par le mouvement qui lui est fondamental et la fugacité qui la caractérise, la création dans les arts du spectacle est un terrain d'étude privilégié pour l'émergence d'une nouvelle pratique de recherche en arts qui allierait la parole des témoins ou de l'artiste lui-même sur les archives de la création.
Si l'on admet l'intérêt de recueillir ces témoignages, on ne peut cependant pas ignorer la problématique de la mémoire et de l'affect dans une telle entreprise. Faire parler les archives à travers ceux qui ont vécu les événements c'est nécessairement prendre en compte le statut du témoin. Par ailleurs, dans une logique de complémentarité, le chercheur ne doit-il pas circuler entre les différents témoins afin de saisir la pluralité des expériences et révéler au mieux la vivacité des archives ? A travers cette dynamique et dans un mouvement commun à de nombreuses disciplines, n'assiste-t-on pas à un déplacement de la posture du chercheur et à l'ouverture de nouveaux espaces de dialogue et de partage ?
On appuiera notre réflexion par l'expérience du film Constellation Gabily réalisé à l'Imec (2010) à partir des archives de Didier-Georges Gabily (1955-1996) avec des témoins de la création de cet artiste.
On assiste depuis une vingtaine d’années à un éclatement de la notion d’archives, sur le plan de sa définition, de ses pratiques, de ses supports : l’arrivée des technologies numériques, l’absorption sous la notion de patrimoine de domaines de plus en plus vastes et larges, une attention marquée pour les formes sensibles de l’inscription et de l’enregistrement du passé, entraînent une nouvelle compréhension, critique, théorique, esthétique et sociale des archives. Il n’est donc pas étonnant que la réflexion sur les archives suscite un engouement marqué dans bon nombre de disciplines, bien au-delà du seul champ de l’archivistique et de l’histoire — alors qu’en même temps ces dernières subissent de très importants bouleversements dans leur manière de penser les archives et les nouveaux défis qu’elles posent. Des études cinématographiques à la philosophie, de la littérature aux communications, de l’anthropologie à l’histoire de l’art, de la psychanalyse à la théologie, et bien d’autres, toutes les branches des sciences humaines et sociales, de diverses manières et pour diverses raisons, se trouvent interpellées par la question de l’archive. Ce colloque a pour but de témoigner de cette pluralité des appréhensions et des compréhensions de l’archive, dans une perspective intermédiale.
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