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Compétition et collaboration dans la théorie de l'évolution

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Anne-Marie Gagné-Julien : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Suite à la parution de la célèbre œuvre de Darwin, L'origine des espèces, les interactions entre les organismes semblent avoir été toutes subsumées sous l'expression de « lutte pour l'existence ». Suivant une interprétation particulière de cette expression, l'évolution par sélection naturelle a généralement été comprise comme un processus purement compétitif. Sous cet angle, les phénomènes de coopération ont été lus comme des manifestations d'une compétition fondamentale, position qui est manifeste au sein de la sociobiologie et plus particulièrement avec la théorie dawkinsienne du gène égoïste (1976).

En nous basant sur la distinction entre les différents sens de la compétition (strict et métaphorique) mis en lumière par Evelyne Fox Keller (1991, 1999), nous pensons que cette compréhension de la théorie de l'évolution est trop étroite, et qu'elle ne rend pas compte d'une conception plus large de la lutte pour l'existence. L'objectif de notre présentation est donc de démontrer qu'une place demeure pour des interactions véritablement coopératives qui s'inscrivent dans certains processus de sélection naturelle. La mise en évidence des phénomènes de symbiose semble être la voie à emprunter pour démontrer l'existence de ces phénomènes coopératifs. Il s'agira ensuite de suggérer que l'emploi du terme collaboration (Dupré et O'Malley 2009) est plus adéquat pour rendre compte des interactions propres au vivant, tant coopératives que compétitives.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 9 mai 2013

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