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Stéphanie Demers : UQO - Université du Québec en Outaouais
Les recherches sur l'apprentissage de l'histoire au primaire soulignent l'importance pour ces jeunes élèves de mobiliser les dimensions affectives et morales de la pensée historique, soit l'empathie et la contextualisation (Cooper, 1995; Seixas, 1996), tout en rapprochant l'objet d'apprentissage de l'expérience des élèves (VanSledright et Brophy, 1991). Cooper et Capita (2004) ont par ailleurs démontré que les élèves construisent le sens des concepts qui leur sont présentés dans les cours d'histoire à partir d'éléments qui leur sont familiers. Ces principes ont orienté une expérience d'apprentissage-enseignement d'histoire ouvrière locale, réalisée auprès de cent élèves de la cinquième année, accompagnés d'étudiants en formation initiale à l'enseignement au primaire. La première partie de cette communication explique les assises théoriques relatives à la conceptualisation, au développement de la perspective historique, de la reconnaissance des liens de causalité et des repères temporels chez les élèves du primaire. La deuxième partie décrit l'expérience réalisée en Outaouais, ainsi que son effet sur la conceptualisation chez les élèves et sur les étudiants en formation. Elle présente également les apprentissages réalisés par les élèves en lien avec le développement de la pensée historique et explore le potentiel de leur transfert. Elle examine enfin les limites et conditions optimales d'une telle approche en lien avec les prescriptions ministérielles.
Le sujet de ce colloque s’inspire de l’ouvrage publié à la suite du colloque tenu à l’ACFAS en 1991, sous la responsabilité d’Yves Lenoir et de Mario Laforest : L'enseignement des sciences humaines au primaire : développement, sous-développement ou développement du sous-développement? Ce colloque vise à faire le point sur la réflexion et la recherche sur la formation enseignante, l'enseignement et l'apprentissage de la géographie, de l’histoire et de l’éducation à la citoyenneté (GHEC) au Québec, une dizaine d’années après la mise en vigueur du Programme de formation de l’école québécoise, éducation préscolaire et enseignement primaire (PFEQ). Il vise à faciliter l'échange et la recherche concertée entre les didacticiens québécois en collaboration avec le milieu scolaire et ministériel, et à dresser un portrait exploratoire de la situation par le partage de recherches et de réflexions s’y rapportant. Ce point d’arrêt est fondamental, car le nouveau programme a réformé de façon importante les visées assignées à la géographie et à l’histoire, en les complétant d’une nouvelle discipline : l’éducation à la citoyenneté. De plus, il inscrit l’interdisciplinarité au cœur de ce domaine et des apprentissages qui peuvent en résulter. Compte tenu de ces aspects novateurs, un ensemble de questions se posent. À titre d’exemple : Jusqu’à quel point les futurs enseignants et les enseignants en exercice se sont-ils approprié le programme? Quels sont les besoins des enseignants en formation continue? Quelles pratiques ont-ils développées? Mettent-ils en œuvre la démarche de recherche et de traitement de l’information préconisée pour le développement des compétences? À quels obstacles font-ils face? Les élèves maîtrisent-ils les raisonnements historique et géographique? Quels sont les apprentissages réalisés par ces derniers?
Thème du colloque :