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Eric Thouvenel : Université Rennes 2
Cette communication aura pour but d'exposer les principes et les enjeux d'une recherche portant sur les usages non-industriels du dispositif cinématographique dans le contexte des technologies numériques. Plus précisément, on s'attachera au cas du cinéma d'avant-garde, qui fut et demeure un lieu majeur de défense d'une « spécificité » du cinéma, en particulier dans sa dimension chimico-optique, ce que l'on nomme désormais le cinéma « argentique ».
En effet, à une époque où tourner et projeter sur support film est devenu très problématique, il convient de s'interroger sur la façon dont le « tournant numérique » a été négocié par les institutions en charge de la conservation, de la restauration et de la diffusion de ces oeuvres inséparables d'un paradigme technologique en sursis.
Comment la gestion de ces collections par les cinémathèques, les modalités de distribution ou de programmation du cinéma d'avant-garde ont-elles évolué à l'aune des mutations induites par les technologies numériques ? La méfiance est-elle toujours de mise à l'égard de ces technologies, ou certaines institutions s'en sont-elles au contraire saisies comme des outils, afin de mener plus efficacement leurs missions originelles, mettant en oeuvre une pensée intermédiale des techniques au service des archives, des spectateurs, chercheurs, et surtout des oeuvres elles-mêmes ?
On assiste depuis une vingtaine d’années à un éclatement de la notion d’archives, sur le plan de sa définition, de ses pratiques, de ses supports : l’arrivée des technologies numériques, l’absorption sous la notion de patrimoine de domaines de plus en plus vastes et larges, une attention marquée pour les formes sensibles de l’inscription et de l’enregistrement du passé, entraînent une nouvelle compréhension, critique, théorique, esthétique et sociale des archives. Il n’est donc pas étonnant que la réflexion sur les archives suscite un engouement marqué dans bon nombre de disciplines, bien au-delà du seul champ de l’archivistique et de l’histoire — alors qu’en même temps ces dernières subissent de très importants bouleversements dans leur manière de penser les archives et les nouveaux défis qu’elles posent. Des études cinématographiques à la philosophie, de la littérature aux communications, de l’anthropologie à l’histoire de l’art, de la psychanalyse à la théologie, et bien d’autres, toutes les branches des sciences humaines et sociales, de diverses manières et pour diverses raisons, se trouvent interpellées par la question de l’archive. Ce colloque a pour but de témoigner de cette pluralité des appréhensions et des compréhensions de l’archive, dans une perspective intermédiale.
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