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Bertrand Labasse : Université d'Ottawa
Le champ de la communication est confronté à une évolution paradoxale. En tant que domaine de
recherche, il a vu l'importance sociale et économique de son objet d'étude croître au point de
devenir l'une des désignations de son époque : la société dite « de la communication ». En tant
que matière d'enseignement, il bénéficie d'un engouement qui ne se dément pas. Pourtant, ces indications en apparence très favorables pourraient aussi être le signe d'une sévère crise de croissance. Le développement social et économique de la communication s'accompagne d'un éclatement des technologies et des pratiques semblant accroître la fragmentation d'une discipline dont la cohérence soulevait déjà des inquiétudes il y a presque 40 ans (Escarpit, 1976). De même, la multiplication des formations en communication privées ou publiques, y compris au sein d'autres disciplines paraît tendre à diluer l'assise même de ce champ (Lépine et De la Broise, 2012), tandis que ses propres étudiants se trouvent en concurrence avec d'autres sur le marché de l'emploi (Sacré, 1998). Ainsi, le problème de sa spécificité (Olsen, Weber et Trimble, 2002), de sa pertinence et, plus généralement, de l'expertise qu'il confère à ses diplômés se présente-t-il de façon fort délicate : vouloir renforcer sa valeur instrumentale en se rapprochant d'attentes et de pratiques professionnelles morcelées conduirait-il nécessairement à déliter sa substance ?
En dépit des spécificités sectorielles (secteur humanitaire, associatif; secteur des institutions publiques ou gouvernementales; secteur marchand) ou techniques (événementiel, édition, web, etc.) quelles lectures et quelles structurations en termes de dispositifs de formation peut-on faire des acquisitions ou des postures théoriques, méthodologiques et pratiques qui contribuent au professionnalisme des acteurs en charge des communications organisationnelles? Le travail d’ingénierie de la professionnalisation à travers des dispositifs de formation est-il (et doit-il être) élaboré en lien avec celui de définition des référentiels de métiers auxquels les employeurs peuvent faire appel pour définir les missions qui seront confiées aux futurs professionnels ? Toutes ces questions invitent à penser l’articulation, dans un domaine particulièrement exposé à des évolutions rapides entre pratiques professionnelles et formation.
Dans cette seconde édition de colloque (Congrès de l'Acfas, 2011), le RESIPROC (Réseau international de recherche sur la professionnalisation des communicateurs) souhaite approfondir la question de l’apprentissage et de la formation des communicateurs. Quatre axes sont proposés : Axe 1) : Approches professionnalisantes des formations universitaires : modèles de formation en alternance (stages en entreprise-étude, formation en apprentissage), méthodes pédagogiques (études de cas, projets tuteurés), liens avec les acteurs du monde socioéconomique; Axe 2) : Formation au savoir-être professionnel, transmission de connaissances et d’expériences intergénérationnelles (tutorats, échanges entre pairs) sur le lieu de travail du communicateur; Axe 3) : Carrière et formation, la compétitivité et le caractère discriminant de la formation continue et initiale dans la carrière du communicateur; Axe 4) : Collaboration, compétition et coopétition sur le marché de la formation continue (certificats, executive education, d’associations professionnelles) en communication.
Thème du colloque :