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Elaine Turgeon : UQAM - Université du Québec à Montréal
Depuis quelques années, le concept d'œuvres résistantes (Maingueneau, 1990; Tauveron, 1999) intéresse les didacticiens et les enseignants qui souhaitent développer les habiletés interprétatives des élèves. Or, comme ce concept a surtout fait l'objet de travaux en France, les œuvres proposées par les chercheurs sont essentiellement européennes et plusieurs enseignants manifestent le souhait, lorsqu'on les familiarise avec ce concept, d'obtenir des suggestions d'œuvres québécoises. Dans le cadre de notre recherche doctorale, nous avons conçu et validé un outil destiné à analyser des albums jeunesse afin d'y cerner les éléments propices au travail interprétatif. À l'aide de cet outil, nous avons élaboré un répertoire d'albums québécois polysémiques (ouverts à une pluralité d'interprétations). Notre objectif, avec cette communication, serait principalement de faire jaillir la lumière sur les œuvres du corpus québécois susceptibles de favoriser le développement des habiletés interprétatives des élèves du primaire, notamment en dégageant les caractéristiques qui permettent de les identifier.
Le champ de recherche de la didactique du français s’intéresse depuis ses origines à l’enseignement et à l’apprentissage de la littérature à l’école. Depuis quelques années cependant, une attention marquée est dévolue à la littérature dite de jeunesse dans le cadre scolaire. D’une part, au Québec, le monde de l’édition pour la jeunesse est passé, au cours des 30 dernières années, de la pénurie à la profusion de productions (Lepage, 2003). Les jeunes lecteurs sont maintenant mis en contact avec de nombreuses œuvres littéraires de genres et de formes de plus en plus variés. D’autre part, depuis le début des années 2000, les programmes scolaires des principaux pays de la francophonie ont donné ou redonné une place importante à la littérature de jeunesse dans la classe de français. Le programme québécois pour le primaire, par exemple, fait de cette littérature le lieu d’orchestration et de synthèse des compétences à lire, à écrire et à communiquer oralement. En matière d’enseignement et d’apprentissage de la littérature de jeunesse, il convient donc de développer chez les élèves des compétences liées à l’appréciation littéraire, mais aussi de construire chez ces apprenants une réelle appétence à découvrir des œuvres résistantes. Or, construire didactiquement le goût de lire demeure un défi pour les didacticiens et les enseignants. Il nous apparait donc nécessaire, plus de dix ans après la mise en place progressive de nouveaux programmes de formation, de nous questionner sur le rôle de la littérature de jeunesse dans l’éducation préscolaire et l’enseignement primaire et secondaire. Voici quelques questions qui seront traitées dans le cadre de ce colloque : Quels dispositifs didactiques novateurs mettre en place pour enseigner et faire apprendre différentes stratégies en lecture littéraire? Comment exploiter les interactions texte-images dans les œuvres pour la jeunesse? Comment différencier l’enseignement des œuvres intégrales dans des classes de plus en plus hétérogènes?
Thème du colloque :