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Des théories du care, de l'éducation et du programme d'Éthique et culture religieuse

CG

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Claude Gendron : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Les théories de la sollicitude (désignées aussi comme éthiques du care, du prendre soin ou du souci) apparaissent de mieux en mieux connues. Ainsi, après avoir été longtemps confinées au monde anglo-saxon, elles semblent maintenant avoir trouvé place ces dernières années au sein de la littérature académique francophone (Paperman et Laugier 2005, Garrau et Legoff 2010, etc.). Si ces théories se distinguent sans doute l'une de l'autre sur plusieurs plans, elles invitent toutes cependant à repenser des enjeux de la vie morale ayant été occultés par les éthiques dominantes, qu'il s'agisse par exemple des éthiques de vertu ou encore conséquentialistes. Notre communication dégagera des fondements partagés par les éthiques du care et traitera en particulier de l'intérêt que représente la théorie de la philosophe Nel Noddings pour l'éducation. Nous viserons plus spécialement à proposer une analyse critique de certains axes du programme ministériel d'Éthique et culture religieuse en regard de cette éthique.

Résumé du colloque

L’évolution des sociétés vers la démocratie et la reconnaissance des droits humains fondamentaux, particulièrement au cours des soixante dernières années, auront contribué à une certaine évolution dans les attitudes et le regard sur les personnes en situation de vulnérabilité.

La reconnaissance de droits pour les personnes vulnérables est en principe une reconnaissance de la personne-sujet, une reconnaissance de la personne à part entière, dans sa dignité et dans sa pleine « humanitude ». Mais, dans les faits, la reconnaissance de droits n’implique pas nécessairement un engagement empathique envers autrui et n’induit pas automatiquement un élan de compassion et de sollicitude pour l’être humain derrière la maladie ou le handicap. Ce manque de sensibilité envers autrui se traduit souvent dans une certaine froideur, se transformant en une rigidité et un manque d’attention envers les particularités de cet être. Le manque de reconnaissance de l’humain par l’humain laisse place au développement d’une structure hiérarchique de pouvoir, mais peu d’espace pour la parole de la personne vulnérable.

Peut-on concevoir une éthique qui laisse plus de place au domaine de la sensibilité, pouvant se transformer en attitude et en bienfaisance dans une complémentarité avec les éthiques davantage axées sur les droits et sur les normes ? Pouvons-nous adopter une posture ou une position éthique basée à la fois sur des valeurs comme la compassion et la sollicitude, en complémentarité avec des valeurs comme l’égalité et la justice sociale ? C’est ainsi que les personnes en situation de vulnérabilité pourront développer une certaine autonomie à partir de leur propre potentiel et de ce qui est vivant en chacune d’elle. C’est peut-être à ce moment que le dialogue prendra place et que la parole des personnes vulnérables sera enfin entendue.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 9 mai 2013

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