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Carl Therrien : Université de Montréal
Suivant l'essor phénoménal de la microinformatique domestique, la numérisation de masse du patrimoine culturel constitue l'une des conquêtes majeures de l'époque contemporaine. Les technologies et les contenus sont progressivement déterritorialisés; tout devient accessible en tout temps, grâce aux écrans mobiles qui accaparent maintenant notre attention un peu partout. Cette démocratisation s'accompagne souvent d'une perte lors de la numérisation. On pourrait croire que le problème ne se pose pas avec la même gravité pour l'historien du jeu vidéo. Or, les chercheurs se voient confrontés à une situation encore plus problématique. Au cours de cette communication, nous présenterons les nombreux écueils qui guettent le chercheur, alors même qu'il nage dans un océan d'objets utiles numérisés et bénéficie des efforts soutenus d'une communauté d'ingénieurs qui peaufinent l'émulation des nombreux systèmes vidéoludiques. L'étude historique du jeu vidéo s'ouvre sur un constat inéluctable : l'obsolescence programmée des systèmes vidéoludiques signifie que l'expérience de première main sera très rapidement perdue, au profit d'un simulacre propice aux distorsions insoupçonnées. Pour la discipline historique, l'ère du numérique correspond à une pratique de « drag and drop »; alors même que les objets semblent pouvoir être saisis avec une facilité déconcertante, le chercheur contemporain consciencieux doit surtout apprendre à lâcher prise.
On assiste depuis une vingtaine d’années à un éclatement de la notion d’archives, sur le plan de sa définition, de ses pratiques, de ses supports : l’arrivée des technologies numériques, l’absorption sous la notion de patrimoine de domaines de plus en plus vastes et larges, une attention marquée pour les formes sensibles de l’inscription et de l’enregistrement du passé, entraînent une nouvelle compréhension, critique, théorique, esthétique et sociale des archives. Il n’est donc pas étonnant que la réflexion sur les archives suscite un engouement marqué dans bon nombre de disciplines, bien au-delà du seul champ de l’archivistique et de l’histoire — alors qu’en même temps ces dernières subissent de très importants bouleversements dans leur manière de penser les archives et les nouveaux défis qu’elles posent. Des études cinématographiques à la philosophie, de la littérature aux communications, de l’anthropologie à l’histoire de l’art, de la psychanalyse à la théologie, et bien d’autres, toutes les branches des sciences humaines et sociales, de diverses manières et pour diverses raisons, se trouvent interpellées par la question de l’archive. Ce colloque a pour but de témoigner de cette pluralité des appréhensions et des compréhensions de l’archive, dans une perspective intermédiale.
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