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Nathalie Otis : UQAM - Université du Québec à Montréal
Depuis juin 2002, la Loi instituant l'union civile et établissant de nouvelles règles de filiation a changé la réalité familiale de nombreux couples gais et lesbiennes au Québec. Aujourd'hui, dans la région de Montréal, le tiers des couples choisis pour être famille d'accueil banque mixte en centre jeunesse en vue d'adopter un enfant est gai. Notre recherche vise à comprendre comment la question de la filiation transgénérationnelle se pose aux pères gais. Cette recherche est d'orientation psychodynamique et est soutenue aussi de notre pratique clinique. Notre présentation propose d'abord un bref survol de l'évolution du processus d'adoption québécois. Puis nous discuterons de certains résultats préliminaires qui découlent de nos analyses qualitatives, dont différents thèmes spécifiques : comment la filiation père-enfant cherche à s'accomplir chez les pères gais adoptants ; comment composent-ils, à travers le lien à leur enfant, avec les enjeux affectifs liés à leur réalité familiale ; quels sont les enjeux éducatifs particuliers rencontrés par ces pères.
Organisé par l'équipe de recherche Sexualités et Genres : Vulnérabilités, Résiliences, ce colloque propose une exploration multidisciplinaire des thèmes actuels en recherche concernant les enjeux vécus par les familles issues de la diversité sexuelle, ici et ailleurs. Il fera état de la réalité de ces familles, c’est-à-dire celles dont au moins l’un des parents s’identifie comme lesbienne, gai, bisexuel-le, transgenre ou transsexuel-le.
Ces familles ont comme particularité la dissociation qu’elles font entre la procréation et l’éducation des enfants alors qu’elles mettent en évidence une certaine rupture entre les aspects biologiques, sociaux et légaux dans le lien parent-enfant. En effet, pour se concrétiser, le projet parental des gais et lesbiennes doit nécessairement impliquer une tierce partie, que ce soit un donneur ou une donneuse de gamètes, une femme qui acceptera d’agir comme « mère porteuse », ou encore des parents d’origine d’un enfant adoptable. Quant aux familles transparentales (c’est-à-dire celles dont l’un des parents présente une transidentité), si elles n’impliquent pas nécessairement un apport extérieur à l’unité conjugale pour s’établir, elles doivent néanmoins composer avec une transformation du rôle parental induit par la nouvelle identité de genre,a fortiori lorsque celle-ci se produit après la création de la famille. Enfin, même si au Québec elles ont atteint l’égalité juridique depuis dix ans grâce à la Loi instituant l’union civile et les nouvelles règles de filiation, les familles issues de la diversité sexuelle doivent faire face à des enjeux et défis spécifiques reliés au contexte hétéronormatif dans lequel elles évoluent.
Concrètement, ce colloque abordera les thèmes suivant : a) enjeux et défis sociojuridiques auxquels font face ces familles; b) impacts de l’homophobie, de la transphobie et de l’hétéronormativité sur leur bien-être; c) besoins des familles en terme de services ou de programmes d’intervention; d) vécu des enfants et; e) état des lieux des recherches sur le sujet dans la francophonie.
Titre du colloque :