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Impacts de 30 ans d'essais nucléaires sur la perception du territoire des Ma'ohi de Polynésie française

JM

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Jaïka Minel : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

L'implantation, en 1962, du Centre d'Expérimentation nucléaire du Pacifique (CEP), a lieu alors que la plupart des puissances coloniales étaient secouées par des mouvements de décolonisation remettant en cause à la fois la domination politique et économique des métropoles. Jusqu'à cette époque la Polynésie française était restée relativement en marge de ces mouvements et le mode de vie de sa population demeurait relativement « épargnée » par la colonisation, notamment parce que les structures politiques traditionnelles et le système économique avaient persisté face à la présence française. La mise en œuvre de la station d'essais va déclencher un mouvement de « modernisation » politique et économique intense de l'archipel (fin des chefferies, intensification de la transition à l'économie de marché) qui accompagne d'une acculturation des populations ma'ohi. Cet assaut de la modernité coloniale a entraîné en Polynésie, comme ailleurs un mouvement polymorphe de « résistance ». Celui-ci se manifeste, notamment à travers l'émergence ou l'institutionnalisation de mouvements politiques autonomiste ou indépendantiste. Il entraîne aussi un mouvement de décolonisation textuelle, selon la formule de Saïd. C'est ce dernier aspect qui nous intéressera dans cette communication. À travers l'analyse de textes littéraires polynésiens nous essaierons de saisir comment les intellectuels ma'ohi tentent d'exprimer, en contre champ de la vision occidentale, la relation que leur peuple entretient à la nature.

Résumé du colloque

L’exploitation des ressources naturelles contribue au développement économique et social au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde. Cette exploitation connaît des cycles et varie en fonction des fluctuations de l'offre et de la demande. Aujourd’hui, l’augmentation des besoins des pays émergents relance l’exploitation des ressources naturelles dans des régions où elle avait ralenti. Au Canada, c’est l’exploitation des sables bitumineux, en Russie c’est celle du gaz naturel, en Amérique du Sud ce sont les développements forestiers et hydroélectriques qui s’intensifient. À ces activités spécifiques, il faut ajouter la relance de l’industrie minière qui a lieu un peu partout. Les industries extractives induisent des effets de boom and bust qui nuisent à la fois aux communautés autochtones et aux collectivités non-autochtones. Au Québec, au cours des deux dernières décennies, le repli du secteur minier et la crise endémique du secteur forestier avaient fragilisé l’économie des régions dont l’économie repose en partie sur ces deux secteurs, exacerbant ainsi les conflits entre l’État et les Autochtones. Aujourd’hui, on assiste à une reprise en force du développement des industries extractives que le gouvernement, comme c’est le cas dans d’autres pays, veut favoriser en facilitant l’accès aux territoires autochtones.

Depuis l’annonce du Plan Nord, un des projets de relance de l’industrie extractive parmi les plus médiatisés du moment, plusieurs colloques ont été organisés pour s’interroger sur les répercussions du boom actuel sur les communautés autochtones. L’objet du présent colloque est de s’appuyer sur ce qui a déjà été fait pour approfondir un des impacts potentiels de cette nouvelle forme de colonisation des territoires autochtones. Il s’agit de voir, en mettant en perspective l’expérience québécoise, comment l’intensification des activités d’extraction ou leur restructuration, notamment dans le cas des activités forestières et hydroélectriques, affectent la relation que les Autochtones entretiennent au territoire et aux autres acteurs qui agissent sur ce territoire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 9 mai 2013

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