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La chanson populaire et les années 1940 : point culminant ou rupture?

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Sandra P. Bouliane

Résumé de la communication

La Deuxième Guerre mondiale met un frein à l'importation de disques européens et états-uniens; plus encore, la forte demande du matériau utilisé pour la fabrication des 78 tours force les maisons de disques à réduire leur production. Un premier constat est le suivant : jamais auparavant les artistes de la chanson canadienne-française n'auront occupé autant d'espace sur les ondes et dans les salles de spectacles. Avec les chansons de guerre naît la chanson country-western canadienne, avec les chansons d'après-guerre jaillissent les cabarets-spectacles. Les éditeurs profitent aussi de l'occasion pour rassembler la population autour de chants patriotiques et folkloriques publiés dans des recueils de chansons canadiennes qui se retrouvent partout à l'école, à la maison et dans les lieux de loisir. Le second constat est le retour en force et la volonté pressante d'une culture populaire musicale et nationale puisant dans le folklore. Par ailleurs, en prenant acte du fait que les métamorphoses suscitées par le microsillon (le 45 tours), par l'utilisation d'instruments électrifiés et par le rock'n'roll ne marquent pas le paysage de la chanson avant le milieu des années 1950, nous pouvons ébaucher un troisième constat sinon poser la question suivante : les années 1940 témoignent-elles d'une rupture ou du point culminant de l'évolution de la musique populaire de la première moitié du 20e siècle ?

Résumé du colloque

Dans le contexte des travaux poursuivis par les équipes de « La vie littéraire au Québec » et de « Penser l’histoire de la vie culturelle », notre colloque souhaite approfondir la compréhension de la rupture culturelle majeure qui survient dans le champ canadien-français au cours des années 1940. Cette rupture, dont diverses manifestations apparaissent tôt dans la décennie, scinde la vie littéraire en un « avant » et un « après ». Dans la grande presse, quatre facteurs présagent la métamorphose : la stabilisation de la page littéraire dans les grands journaux, la régularisation du personnel qui signe les critiques littéraires, l’approfondissement des commentaires sur les œuvres, l’augmentation significative d’œuvres canadiennes commentées. Généralement, les analystes ont interprété cette rupture comme un point tournant du processus d’autonomisation de la littérature canadienne-française. Ils ont eu tendance à restreindre leur perspective à la portion la plus légitime de la production culturelle, de même qu’à la presse spécialisée qui émerge à cette période, plutôt que de considérer son effet global sur l’ensemble du champ, alors qu’ils accordaient une plus grande attention aux arts plastiques, mais moins à la musique ou au cinéma. Ainsi, plusieurs traces de ces bouleversements sont laissées dans l’ombre, tant les différents lieux que les différents moments d’un continuum par lequel se met en place une modernité médiatique qui, pour le Canada français, précède la modernité esthétique et agit sur son éclosion. La pleine compréhension de la complexité du système qui provoque cette rupture offre l’occasion d’une saisie inédite de la façon dont la vie culturelle fait sens dans l’ensemble de la société. Ce sont les modalités du saut qualitatif qui apparaît dans la production culturelle de cette époque qui nous intéressent ici, dans la mesure où à la fois le pôle médiatique, le pôle restreint, le marché, la critique et les institutions acquièrent d’un coup une maturité nouvelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 9 mai 2013

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