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Dany Baillargeon : Université de Sherbrooke
La créativité, autant comme acte processuel que comme résultat de ce processus, est un trope fondateur des agences de communication marketing. Certains avancent même que la créativité serait la raison d'être des agences (Nixon, 2003). De façon à maintenir cette image forte (Andriopoulos & Lowe, 2000; Andriopoulos & Gotsi, 2000) de pourvoyeuse d'un savoir qu'elles seules possèdent – et qui échappe souvent à leurs clients (Powell, 2006) –, les agences exhibent les témoins de cette maîtrise : site Internet, livre d'agence, portfolio, prix remportés et clients prestigieux. Avec cette image vient le statut privilégié accordé aux « créatifs », qui possèdent souvent les meilleurs salaires, occupent des postes décisionnels, dictent souvent les décisions d'affaires des agences (Nixon, 2003).
Or pour plusieurs, la créativité ne s'apprendrait pas – en témoigne le parcours académique éclectique des créatifs – ou ne s'apprendrait qu'au contact des pairs (Powell, 2006), à travers des dynamiques de production de sens (Drazin, Glynn, & Kazanjian, 1999), des frictions entre les différents corps d'emploi (Hirschman, 1989) ou au contact des clients (Cronin, 2004). Aussi, les agences mettent en place des autoformations, des livres d'agence, des rapports de pratiques d'excellence, des séminaires, etc. de façon à relayer ce savoir (Caldwell, 2008).
Ainsi cette légitimation endogène comme exogène à l'agence participe à cultiver, qui est et ce qui est créatif.
En dépit des spécificités sectorielles (secteur humanitaire, associatif; secteur des institutions publiques ou gouvernementales; secteur marchand) ou techniques (événementiel, édition, web, etc.) quelles lectures et quelles structurations en termes de dispositifs de formation peut-on faire des acquisitions ou des postures théoriques, méthodologiques et pratiques qui contribuent au professionnalisme des acteurs en charge des communications organisationnelles? Le travail d’ingénierie de la professionnalisation à travers des dispositifs de formation est-il (et doit-il être) élaboré en lien avec celui de définition des référentiels de métiers auxquels les employeurs peuvent faire appel pour définir les missions qui seront confiées aux futurs professionnels ? Toutes ces questions invitent à penser l’articulation, dans un domaine particulièrement exposé à des évolutions rapides entre pratiques professionnelles et formation.
Dans cette seconde édition de colloque (Congrès de l'Acfas, 2011), le RESIPROC (Réseau international de recherche sur la professionnalisation des communicateurs) souhaite approfondir la question de l’apprentissage et de la formation des communicateurs. Quatre axes sont proposés : Axe 1) : Approches professionnalisantes des formations universitaires : modèles de formation en alternance (stages en entreprise-étude, formation en apprentissage), méthodes pédagogiques (études de cas, projets tuteurés), liens avec les acteurs du monde socioéconomique; Axe 2) : Formation au savoir-être professionnel, transmission de connaissances et d’expériences intergénérationnelles (tutorats, échanges entre pairs) sur le lieu de travail du communicateur; Axe 3) : Carrière et formation, la compétitivité et le caractère discriminant de la formation continue et initiale dans la carrière du communicateur; Axe 4) : Collaboration, compétition et coopétition sur le marché de la formation continue (certificats, executive education, d’associations professionnelles) en communication.
Thème du colloque :