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L'art comme lieu de transferts culturels dans l'œuvre nouvellistique et cinématographique de Marilu Mallet

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Diego-Alejandro Aguilar Beauregard : Université Laval

Résumé de la communication

Chez Marilu Mallet, l'expérience migrante s'énonce le plus souvent à travers la parole de l'Autre, représenté par des personnages fictifs et réels issus d'Amérique latine, mais aussi du Québec. Derrière l'Autre se dessine le Même, surtout à travers des rapports de ressemblance socio-économiques. Si l'art et la culture ne sont pas des motifs suffisants pour partir au Québec, selon Marilu Mallet, ils demeurent néanmoins des motifs suffisants pour y rester. Des Compagnons de l'horloge-pointeuse à La Cueca sola, nous remarquons que « les gens qui dansaient seuls » (Miami trip, 11), qui écrivaient seuls ou qui jouaient de la musique seuls (respectivement Leandro Urbina et Catherine Perrin dans Chère Amérique) finissent peu à peu par s'unir grâce à des transferts culturels qui définissent leur place au Québec. La construction de rapports parallèles entre la culture latino-américaine et québécoise tend à se résoudre non pas dans le partage d'une douleur humaine commune, mais dans le partage d'une vie qui tend à supprimer celle-ci, notamment à travers l'art. Nous proposons d'étudier comment les transferts culturels évoluent à travers l'art dans l'œuvre nouvellistique et cinématographique de Marilu Mallet et en quoi ils permettent de réconcilier les mémoires personnelles et collectives de l'ailleurs (Chili) et de l'ici (Québec) au sein d'un tiers espace.

Résumé du colloque

L’analyse comparative des liens entre l’Amérique latine et le Québec s’est surtout développée depuis les années 1990, dans les domaines de l’historiographie, du littéraire, de l’étude des identités amérindiennes. L’analyse des rapports entre le Québec et l’Amérique latine a tiré profit des travaux effectués par des chercheurs latino-américains, notamment brésiliens, sur le Québec et sur les bases d’un comparatisme interaméricain. Les échanges universitaires se sont depuis multipliés avec des centres de recherche et des groupes d’études, si bien qu’une structure institutionnelle assure la continuation de ces rapports. On s’est moins penché sur le sens à donner à ce nouveau pan des études sur l’ouverture du Québec au monde. Quelle signification procède de cette institutionnalisation des échanges ? Comment comprendre les développements récents d’un dialogue Amérique latine/Québec ? Quels sens ont eu les transformations économiques, culturelles et sociales des derniers 30 ans sur ce dialogue ? Quels sont les antécédents de cette discussion ? Quels sont les prismes de lecture comparée ? Quel est le rôle des politiques dans la direction des échanges ? Comment intégrer les outils théoriques latino-américains pour analyser des productions du continent ? Dans ce colloque interdisciplinaire, nous aborderons ces questions, pour comprendre comment le savoir universitaire, la création artistique, les politiques sociales et culturelles, les définitions identitaires (autochtonie, métissage, migration), produits au Québec sont transformés par le détour latino-américain, qu’il prenne le chemin du comparatisme, des transferts culturels ou d’une spécialisation autour du sous-continent. En effet, avec l’essor de nouvelles générations de chercheurs latino-américanistes, quel est l’impact sur le Québec d’un savoir sur une aire distincte pourtant vue dans une perspective de concomitance ? Nous sommes particulièrement intéressés à considérer l’impact de ce dialogue sur les enjeux autochtones.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
manager icon Responsables :
Michel Nareau
section icon Date : 9 mai 2013

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