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Sabine Vanhulle : Université de Genève
Nos travaux s'intéressent aux textes oraux et écrits dans lesquels des enseignants en formation sont incités à formaliser leurs savoirs professionnels. Ancrée dans la remémoration de l'expérience vécue en stages, cette formalisation est censée se détacher des seuls concepts quotidiens en visant un certain niveau de généralisation et d'abstraction. On postule que le langage médiatise cette construction de haut niveau. Cependant, le discours sur l'expérience n' « est » pas l'expérience : un principe de redoublement (Vygotski, 2003) est à l'œuvre. Ce redoublement relève d'un travail de sémiotisation, avec mise en abyme : la personne biographique « délègue » à un je linguistique la mise en intrigue de ses expériences, reconfigurant ainsi les apprentissages qui en émergent. Mais « la carte n'est pas le territoire » : Korzybski (2007) ne pouvait mieux dire. Dans nos propres analyses de ces textes, des indicateurs linguistiques nous permettent de saisir des processus réflexifs, cognitifs, affectifs, et langagiers, qui seraient à l'œuvre dans l'élaboration de savoirs, mais aussi d'un sens attribué par les étudiants à leur activité professionnelle. La question est alors : de quel développement, potentiel ou en cours, leurs discours sont-ils les témoins, ou les signes ? Les textes produits en formation permettent-ils d'avancer dans l'hypothèse que dans le langage, la conscience humaine se forge, permettant de tisser du lien entre l'activité discursive et les autres activités sociales ?
Le morcellement des champs d’investigation en psychologie du développement et en didactique résulte en une absence de débats et d’investigations ouvertes, tout en acceptant, sans les remettre en question, certains paradigmes (Horowitz, 1987; Resnick, 1996). Pourtant, les recherches se poursuivent et les apports se multiplient (Eich, Kihlstrom, Bower, Forgas et Niedenthal, 2000; Karpov, 2005; Kozulin, Gindis, Ageyev et Miller, 2009; Meltzoff et Prinz, 2002; Valsiner, 2005; Van Oers, Wardekker, Elbers et van der Veer, 2008). À la lumière de ces avancées spécialisées, ce colloque se veut l’occasion de relancer le débat sur les rapports entre l’apprentissage et le développement humain dans ses différentes dimensions, tant cognitives qu’émotionnelles. Nous cherchons ainsi à dégager des fondamentaux dans les processus d’apprentissage/développement à différents âges, de l’enfance à l’âge adulte, et dans différents contextes, de la famille à la formation professionnelle en passant par la scolarité obligatoire.
Ce colloque vise à permettre d’amorcer une remise en question des liens entre l’apprentissage et le développement selon trois grands axes de recherche : 1) Comment peut-on aborder et conceptualiser les processus de développement humain et leur lien avec l’apprentissage à la lumière des nouvelles avancées expérimentales et théoriques? 2) Quels sont les points communs entre les divers modes d’intervention sur les processus d’apprentissage et de développement à diverses étapes du développement et dans différents contextes (scolaires, professionnels, formels, informels)? 3) Comment peut-on prendre en compte la conceptualisation des rapports entre apprentissage et développement, dans le champ de la didactique?
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