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Alberto Magnaghi : Università degli Studi di Firenze
Selon la loi 69/2007 de la Région Toscane, la démocratie participative doit devenir la forme normale de gouvernement du territoire à tous les secteurs et échelles de l'administration locale. Ainsi, le projet urbain/territorial devrait rapprocher gouvernance du territoire et bien-être des citoyens, le territoire et ses ressources patrimoniales étant considérés comme un bien commun matériel et immatériel. Le mettre en valeur pour produire des modèles de développement local auto-soutenables demande une citoyenneté active, en mesure de comprendre l'identité et les modes de production et de reproduction du territoire, ainsi que la culture et les techniques de sa transformation. Cela signifie une entreprise de rééducation des habitants à travers la mise en place de processus participatifs et la réappropriation de savoir-faire mis de côté par la globalisation économique. En rapprochant des habitants et producteurs aux intérêts souvent opposés, une nouvelle alliance ville-campagne permet d'aborder sous de nouveaux angles les problèmes relatifs à la reconstruction de l'espace public, la sauvegarde hydrogéologique, la souveraineté alimentaire, la gestion des déchets, la production locale d'énergie, la qualité environnementale et paysagère. Des exemples témoignent de ces processus de réappropriation à travers les méthodes et techniques du « community planning », ainsi que de projets urbains et territoriaux élaborés à partir de méthodes de démocratie participative.
Ce café des arts et des sciences propose de revisiter la perception courante du design comme activité de pure création artistique et d’en rebâtir une plus juste en tant qu’activité de production de connaissances faisant appel à des savoirs scientifiques, techniques, éthiques et esthétiques. Il vise aussi à illustrer la fertilité de croiser recherche en design et recherche scientifique à travers des processus participatifs pour examiner des problèmes sociaux complexes et identifier des avenues plausibles de solutions. Les objectifs de la journée sont ainsi : 1. de sensibiliser les chercheurs à la légitimité de la recherche en design comme mode de production des connaissances ; 2. de montrer la fertilité de croiser la recherche en design avec la recherche scientifique dans des programmes transdisciplinaires de recherche et d'action autour de défis sociaux complexes liés à l'aménagement du territoire ; 3. d’illustrer la plus value de professionnels formés en design au sein des milieux institutionnels de recherche et vice versa, de professionnels formés en recherche au sein de la pratique privée en architecture et en urbanisme, et 4. de montrer avec des exemples concrets comment le processus de design participatif, dans sa capacité à intégrer les évidences scientifiques et la participation, contribue à réduire l’écart entre chercheurs, praticiens et citoyens. Quatre sessions thématiques s'enchainant les unes aux autres sont prévues pour rencontrer ces objectifs, à partir de courtes interventions d’invités provenant des milieux de l’enseignement de l’architecture, de l’urbanisme, de la sociologie, mais aussi de milieux institutionnels de recherche et de la pratique privée en architecture et en design urbain, ainsi que de généreuses périodes d’échanges avec l’audience. Il s'agit également d'une journée célébrant le 20e anniversaire du programme de maîtrise en design urbain de l'École d'Architecture de l'Université Laval et, plus spécifiquement, le croisement de l'enseignement du design urbain avec la consolidation de la recherche fondamentale et participative. Y sont conviés notamment tous les diplômés de ce programme ainsi que les étudiants ayant complété des mémoires ou des thèses en études urbaines. Pour clore l’évènement, deux grandes conférences publiques : celle de Ian Bentley, professeur émérite à la Oxford Brookes University dont l'ouvrage Responsive Environments (Taylor and Francis, 1985) nourrit l'enseignement du design urbain à l'Université Laval depuis 20 ans et celle d'Alberto Magnaghi, professeur émérite à l'Université de Florence dont l'ouvrage Le projet local (Mardaga, 2003) stimule les réflexions plus récentes des professeurs impliqués dans l'enseignement de cette discipline, mais aussi les chercheurs du Groupe interdisciplinaire de recherche sur les banlieues (GIRBa).