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Le rôle vital d'une fonction ou pourquoi la nature est utilitaire selon Bergson

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Sébastien Lacombe : Université Laval

Résumé de la communication

Henri Bergson affirme n'avoir jamais développé de thèses philosophiques touchant la science qui ne soient issues de l'expérience ou possiblement confirmées par elle. En effet, c'est un souci constant à travers son œuvre que d'établir clairement la complémentarité entre la science et la philosophie ; il le fait en insistant à maintes reprises sur les erreurs qu'entraîne une interprétation faussée.

Mais, venant d'un philosophe dont la conception de la vie a été associée au vitalisme, quel intérêt y a-t-il aujourd'hui à revoir une thèse d'une évolution créatrice de la vie? A contrario, se pourrait-il qu'il y ait des problèmes philosophiques que les spécialistes de la philosophie des sciences – en particulier les défenseurs du positivisme logique – ont quelque peu dénigrés en les taxant de métaphysique, mais qui gagneraient à être considérés de nouveau? Par exemple, considérer la nature comme étant utilitaire est l'une des thèses défendues par le philosophe français qui s'avère être une méthode féconde pour de nombreuses découvertes qu'il a proposées.

C'est en mettant l'accent sur le rôle vital que jouent les fonctions dans la philosophie de Bergson que cette présentation répondra au thème de ce colloque. Nous verrons comment ce rôle impliquait pour lui une certaine finalité vers laquelle tend l'évolution de la vie. L'étude que nous ferons de sa conception de la nature pourra aussi apporter un éclairage singulier sur les questions portant sur le rapport entre espèce et individualité.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 9 mai 2013

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