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Fannie Bélanger-Lemay : Université Laval
Le mode de transport qui domine nos villes est l'automobile, au point où l'on peut parler d'un système de l'auto-mobilité. La mise en place du système, au courant du XXè siècle, a suscité des oppositions que Matthew Paterson classe en sept catégories : environnementalisme technocratique, sécurité, restructuration de la forme urbaine, inégalités des sociétés dépendantes de l'automobile, la nature atomisante de l'automobile, résistance à l'obsession de la vitesse et, finalement, liens entre l'automobile et la géopolitique du pétrole. Cette conférence présentera comment chacun soulève des problèmes de justice spécifiques à la ville et comment ces résistances pourraient permettre une réappropriation de la politique urbaine par les citoyens. Cette réappropriation est en difficulté face au discours de l'efficacité économique. Nous proposerons trois critères évaluatifs (accessibilité, sécurité, respect de l'environnement urbain) des systèmes de transport urbain fondés sur des principes de justice plutôt que sur ceux de l'efficacité économique qui pourront dynamiser la discussion publique sur le transport urbain.
Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…
S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.
Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.