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Christian Uwe : Université catholique de Lyon
La question de la traduction peut faire l'objet de plusieurs approches parmi lesquelles la perspective théorique de la traductologie, celle du praticien-traducteur ou encore selon une conjugaison des deux perspectives. Il arrive cependant que la littérature se saisisse aussi — et d'emblée — du problème des frontières linguistiques et/ou lectales auquel, du reste, les œuvres littéraires ne semblent guère pouvoir échapper. Si ces frontières sont intuitivement conçues entre deux langues différentes, il n'est pas moins vrai qu'elles peuvent aussi contribuer à révéler la pluralité inhérente à une même langue. C'est pareille pluralité que relève, tel un défi, le jeune narrateur d'Allah n'est pas obligé, dont l'ambition est de s'adresser aux « francophones de tout gabarit ». La négociation linguistique de l'enfant-soldat double ainsi la négociation existentielle qui conditionne son errance, entraînant au passage l'analyste à interroger le rapport de la langue avec sa propre diversité, mais aussi avec le style, l'histoire, voire avec les cultures.
Dans le cadre de ce colloque, nous invitons les personnes intéressées à la réflexion sur le rapport entre la traduction et la notion de frontière, tant physique que métaphorique, afin d’analyser le rôle que la traduction et les traducteurs jouent dans les échanges interlinguistiques et interculturels.
La frontière, cette limite entre deux territoires, prend parfois la forme d’une véritable région frontalière, avec toute la complexité que cela implique. En traductologie, l’un des principaux apports des théories « culturelles », néo-coloniales, et féministes a été de formuler la problématique de la traduction en termes pluriels, en dépassant l’aspect binaire de la culture source et de la culture cible. La traduction se présente alors comme un espace d’échange, de mixité, de métissage linguistique (aspects linguistiques, culturels, sociologiques, voire anthropologiques de la traduction); mais aussi un lieu de pouvoir (création des identités nationales, contrôle des influx migratoires et des influences étrangères, question des politiques linguistiques et culturelles), et potentiellement, de conflit (enjeux politiques et diplomatiques de la traduction, rôle des traducteurs et interprètes comme médiateurs).
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