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Melanie Bonajo : une satire de l'objectivation

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Véronique Boilard : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Nous proposons d'examiner la satire et le féminisme par une étude de cas des œuvres Furniture Bondage de Melanie Bonajo. Dans un premier temps, nous expliquerons comment la satire visuelle et le féminisme peuvent être utilisés conjointement. Nous expliquerons brièvement notre conception de la satire : soit qu'il s'agit d'une critique moqueuse, voire ironique, d'une norme sociale. De son côté, le féminisme critique les normes de genre qui hiérarchisent ceux-ci et relèguent les femmes au second plan.

La satire utilise le comique et l'ironie pour faire passer un message qui pourrait sembler trop difficile à entendre autrement. Les femmes artistes ont appris à utiliser cette technique pour faire entendre leurs voix. Avec l'ironie, la satire adopte le discours de l'autre, mais le ridiculise sous un autre degré d'interprétation. Il est donc plus aisé pour les femmes de se faire entendre en disant ce qui pourrait être souhaitable. Toutefois, pour un spectateur avisé, la lecture au second degré peut rapidement faire apparaître une critique évidente de certains effets néfastes engendrés par les normes de genre. Dans un second temps, nous ferons une étude de cas des Furniture Bondage de Melanie Bonajo. Nous affirmerons que ces œuvres sont des satires de l'objectivation du corps des femmes.

Résumé du colloque

Ce colloque veut réunir les chercheurs établis et émergents qui s’intéressent aux démarches satiriques dans les arts visuels. Deux types de question sont à l’agenda : quels impacts peut-on tracer sur la représentation visuelle à partir de ces démarches; quelles inquiétudes et polémiques (sociales, politiques, culturelles, identitaires...) permettent-elles de circuler? Ensuite, comment l’étude de la satire visuelle transforme-t-elle l’histoire de l’art en tant que discipline? Depuis la fin du 18e siècle notamment, les formes satiriques de l’image, souvent virtuoses par ailleurs, ont regagné les sphères de l’imprimé de masse, pour éventuellement regagner ceux du musée et de l’archive, participant souvent par ailleurs (et parfois contre gré) aux narrations que forment les États au sujet de leurs trajectoires historiques. Depuis les années 1950, il semblerait qu’on assiste à l’intensification progressive du recours aux modes satiriques dans l’art contemporain, et ce, de manière directe à travers les infrastructures associatives et institutionnelles de l’art qui s’occupent des formes « anciennes » et « nouvelles » des arts visuels. La circulation de l’image satirique s’avère être un comportement qui travaille les structures géopolitiques de la culture occidentale et le statut chancelant de l’œuvre d’art, s’arrogeant les discours sur l’identité individuelle et collective, pour constituer une discursivité parallèle qui miroite et infiltre les lieux, les ambitions et les désirs des beaux-arts, souvent pour les rattacher à d’autres régimes, politique et économique notamment, à l’aide de stratégies humoristiques, « ridiculisantes » et renversantes.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 9 mai 2013

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