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Depuis peu, États canadien et québécois investissent massivement en régions arctiques, tant pour en exploiter les ressources naturelles que pour y assurer la souveraineté de l'État dans ses limites nordiques. Or, la dimension culturelle et patrimoniale demeure peu considérée dans ces projets de développement et par conséquent largement sous-financée eu égard à l'ampleur de tels projets. Il y a pourtant volonté avouée des collectivités inuites de voir prospérer des infrastructures patrimoniales ou muséales où peuvent être exposées les productions matérielles et immatérielles propres à leur culture ancestrale. De telles infrastructures pourraient pourtant constituer un moteur de développement économique et touristique important en lien avec un véritable développement durable, dans la mesure où seraient accordés des moyens suffisants pour en assurer le déploiement et la pérennité. Il est donc légitime de poser la question, à savoir si ces projets ambitieux annoncés ne devraient pas faire davantage de place à des investissements de masse visant la valorisation culturelle et patrimoniale in situ de ces collectivités, au Nunavik comme au Nunavut ? En prenant le potentiel de valorisation d'œuvres artistiques, passées comme actuelles, généré par les villages inuits, l'auteur discutera des possibilités et limites d'une telle exploitation de ressources patrimoniales et des moyens à adopter pour que ce cheminement se fasse de manière harmonieuse au profit des collectivités locales.
Le CELAT (Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions) propose de tenir son colloque annuel à l’Acfas sur le thème « Lieux de passage et vivre-ensemble ». Depuis deux ans, notre centre développe une expertise sur le concept de vivre-ensemble, entendu comme les formes et les enjeux de la vie collective découlant de la diversité et du pluralisme, marquant les relations entre les groupes majoritaires et minoritaires ou minorisés et les individus qui les composent, leurs interactions et formes de vie et d’expression, leurs appartenances à des territoires, leurs langages, leurs mémoires et leurs expérimentations. Pour ce colloque, nous souhaitons explorer ce concept à travers les « lieux de passage » qui forment un véritable laboratoire des relations du nous-même au nous-autre marquant une évolution constante du vivre-ensemble. Nous entendons par lieux de passage autant des espaces physiques que des espaces temporels ou symboliques, dont les frontières sont inexistantes ou en perpétuelle redéfinition. À l’ère de la pluralisation croissante des sociétés et de la mouvance de celles-ci, le vivre-ensemble trouve toute sa pertinence dans ces lieux de passage.
Pour explorer cette thématique, une séance plénière organisée autour de ces deux notions permettra de réfléchir à ces deux notions envisagées différemment selon les implications (trans-)disciplinaires de chacun. Par la suite, quatre grands axes de recherche ont été identifiés afin de traiter de la question sous des perspectives différentes. Le premier concerne le vivre-ensemble appréhendé à travers les lieux de la mobilité pour saisir la reconceptualisation des frontières normatives, que celles-ci soient corporelles (corps et média), transnationales (mobilité franco-canadienne) ou sociétales (politique et artistique). Le deuxième axe se consacre à la trame narrative des lieux naturels et bâtis comme reflet de la collectivité, trame examinée à partir de la question de l’urbanisation diffuse à l’aune du développement durable. Le troisième explore la mise en représentation du vivre-ensemble à travers des sites patrimoniaux en crise qui connaissent une période de transition. Le quatrième s’articule autour de lieux sujets à la performativité du vivre-ensemble qui amènent une réflexion sur le rôle de l’art dans la sphère publique (l’art et la ville) ou scientifique (audio-vision et expériences du monde).
Titre du colloque :