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Donald O'farrell : UQAR - Université du Québec à Rimouski
L'utilisation des archives est confrontée à des difficultés qui relèvent des interventions archivistiques menées dans les institutions. Elles prennent une autre dimension lorsqu'il s'agit de l'appareil judiciaire québécois composé d'institutions indépendantes, aux pratiques pourtant formalisées, appelées à fonctionner en réseau dans des rapports constants d'échange et de transfert des archives. Dans cette perspective, notre communication veut montrer que l'utilisation des archives passe par une interrelation dynamique et articulée des interventions archivistiques intra et extra institutionnelles. Des observations que nous avons menées sur des institutions judiciaires québécoises permettent de faire état de certains problèmes. Par exemple, les modes de consignation des dossiers judiciaires ne sont pas toujours appliqués de façon uniforme. Les transactions documentaires entre institutions judiciaires – échange ou transfert – ne sont pas toujours opérées convenablement. Enfin, une classification inappropriée ou l'absence de classement ne rendent pas toujours compte des particularités de leur mandat. En définitive, elles compliquent ou ne favorisent pas l'utilisation des archives.
Présente à toutes les étapes du cycle de vie des documents, recouvrant divers aspects comme l'accès, la valorisation, la référence et la promotion, l'exploitation des archives se révèle une dimension aux multiples facettes qui, à l'ère numérique, connaît une évolution remarquable. Depuis les expositions virtuelles jusqu'aux archives à voix haute en passant par le déploiement du Web 2.0, les archives sont mises à profit dans des réalisations, des milieux et auprès de clientèles des plus variées. Mais si le numérique joue un rôle de premier plan dans la mise en valeur des archives, il provoque aussi de nombreux changements : nouveaux acteurs, nouveaux lieux d'archivage, nouvelles pratiques, etc. De plus, la révolution numérique n'apporte pas que des bénéfices. Ses vertus ont aussi des effets pervers. À titre d'exemple, la gratuité n'est en fait qu'un nouveau modèle commercial et les traces numériques des activités sont autant de possibilités de surveillance et de contrôle. Bref, les archivistes sont confrontés à des défis majeurs en termes de mise à disposition des documents dont ils ont la charge : objets de moins en moins tangibles et de plus en plus complexes, nouveaux rapports avec les usagers, changement de temporalités (immédiateté, urgence, interactivité, etc.), passage de la diffusion de l'information à l'accès aux données, droits d'utilisation favorisant le partage et la réutilisation, nouveaux usages des archives à des fins de création, valeur émotive accordée aux documents d'archives, redéfinition des frontières entre le public et le privé, tant au plan individuel qu'institutionnel, passage d'une logique de recherche non plus centrée sur les institutions, mais sur les contenus, etc.
Face à des changements aussi fondamentaux, ce colloque vise la réflexion autour des relations entre les producteurs/propriétaires d'archives, les usagers ainsi que les professionnels qui conçoivent, réalisent ou pilotent des projets de mise en valeur documentaire.
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