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Josée Desforges
Depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur de Stephen Harper en 2006, le Canada est la scène d'un vaste projet national qui prend la forme d'une réorganisation des emblèmes canadiens. Cette réorganisation s'effectue notamment à travers des substitutions d'œuvres d'art qui symbolisent l'identité canadienne. Par exemple, en juillet 2011, deux toiles d'Alfred Pellan, Canada Est et Canada Ouest (v. 1944), exposées dans le hall d'entrée de l'édifice des affaires étrangères à Ottawa sont remplacées parune photographie officielle de la reine Élisabeth II.
La satire, la parodie et le fétiche qui animent ces caricatures semblent tous faire appel à une sorte de substitution : la transposition imagée critique d'un événement politique dans le cas de la satire, la citation d'une référence symbolique modifiée en ce qui a trait à la parodie et le remplacement d'un personnage vénéré par un objet lorsqu'il est question de fétiche. Je propose, dans cette communication, d'explorer en profondeur cette production caricaturale à travers le phénomène de la substitution qui unit à la fois l'événement politique fondateur du motif de la photographie de la reine, mais également le discours satirique et parodique des caricaturistes ainsi que leur recours à la fétichisation.
[1] Linda Hutcheon, « Ironie, satire, parodie. Une approche pragmatique de l'ironie », Poétique. Revue de Théorie et d'Analyse Littéraires Paris, no 46, 1981, p. 143-144.
Ce colloque veut réunir les chercheurs établis et émergents qui s’intéressent aux démarches satiriques dans les arts visuels. Deux types de question sont à l’agenda : quels impacts peut-on tracer sur la représentation visuelle à partir de ces démarches; quelles inquiétudes et polémiques (sociales, politiques, culturelles, identitaires...) permettent-elles de circuler? Ensuite, comment l’étude de la satire visuelle transforme-t-elle l’histoire de l’art en tant que discipline? Depuis la fin du 18e siècle notamment, les formes satiriques de l’image, souvent virtuoses par ailleurs, ont regagné les sphères de l’imprimé de masse, pour éventuellement regagner ceux du musée et de l’archive, participant souvent par ailleurs (et parfois contre gré) aux narrations que forment les États au sujet de leurs trajectoires historiques. Depuis les années 1950, il semblerait qu’on assiste à l’intensification progressive du recours aux modes satiriques dans l’art contemporain, et ce, de manière directe à travers les infrastructures associatives et institutionnelles de l’art qui s’occupent des formes « anciennes » et « nouvelles » des arts visuels. La circulation de l’image satirique s’avère être un comportement qui travaille les structures géopolitiques de la culture occidentale et le statut chancelant de l’œuvre d’art, s’arrogeant les discours sur l’identité individuelle et collective, pour constituer une discursivité parallèle qui miroite et infiltre les lieux, les ambitions et les désirs des beaux-arts, souvent pour les rattacher à d’autres régimes, politique et économique notamment, à l’aide de stratégies humoristiques, « ridiculisantes » et renversantes.
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