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Stéphane Ahern : Université de Montréal
L'évaluation des médicaments pour fins d'inscription au régime public d'assurance médicament ou à la liste établissement repose sur un processus complexe, lequel se fonde sur cinq critères prévus par le Législateur dans la Loi sur l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux. Ces critères seront explicités et présentés ainsi que le cadre d'évaluation tel qu'il existe actuellement. Seront aussi présentés les éléments des prolégomènes qui encadrent l'évaluation des médicaments dans le cadre québécois. Nous préciserons les limites du cadre actuel face à la question de la médecine personnalisée ainsi que les médicaments jugés à caractère prometteur. Nous tenterons de distinguer les questions d'ordre scientifique, éthique et sociétal qui en découlent. L'évaluation du médicament sera thématisée comme une démarche en soi éthique laquelle repose sur des jugements complexes et exigent des processus délibératifs novateurs au sein de notre société. L'enjeu de l'allocation des ressources sera mis en perspective ainsi que les nouveaux défis posés par les avancées scientifiques de la médecine personnalisée.
Les soins de santé personnalisés (SSP), aussi appelés «médecine personnalisée», permettraient de transformer radicalement l’approche en matière de soins de santé. Au Québec, la pratique médicale repose essentiellement sur un dialogue entre le médecin qui observe et questionne et le patient qui le consulte. En ce sens, la relation médicale a toujours été «personnalisée». Néanmoins, l’introduction d’une nouvelle dimension est sur le point de bouleverser ce modèle. En effet, dans certaines circonstances, le profil génétique du patient pourra contribuer à appuyer les décisions médicales. Voilà ce qui distingue les SSP : ils s’appuient sur les avancées de la génétique pour orienter les soins de santé à prioriser, tant dans une perspective thérapeutique que préventive. En un mot, les SSP devraient permettre aux médecins et aux autres intervenants de la santé d’améliorer le diagnostic, d’encadrer le traitement et de prévenir les maladies.
Les connaissances fines que la recherche met à notre disposition vont engendrer la mise au point d’outils médicamenteux de plus en plus ciblés pour des maladies de plus en plus segmentées. Les défis que posera l’apparition de ces produits innovants seront considérables. Déjà, on voit poindre ces questionnements dans le cadre des médicaments anticancéreux, mais aussi dans le domaine des maladies métaboliques héréditaires rares. Les notions d’opportunité et d’équité d’accès vont questionner davantage les outils classiques de la pharmaco-économie et de l’allocation des ressources.
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