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Salah Basalamah : Université d'Ottawa
S'appuyant sur la métaphore de la Bildung, Berman avait défini l'objet d'étude de la traductologie comme à la fois un processus et un produit (1984). La traduction étant en même temps le mouvement de l'action de traduire et le résultat de celle-ci. Aujourd'hui, après les tournants culturel et sociologique, le champ définitoire de la traduction s'étend de plus en plus loin de son centre de gravité linguistique pour franchir les frontières des autres disciplines. Pas tant parce que la traductologie a trouvé un élan « impérialiste » (Kaindl, 2004) qu'elle a, en réalité, peut-être commencé à constater la dissémination transdisciplinaire de son objet, non plus comme outil pratique ou le détonateur d'effets culturels, mais bien plutôt comme concept heuristique à vocations multiples. Si la philosophie de Ricœur a proposé le « paradigme de la traduction » (2001) comme un mode de compréhension de l'altérité et d'hospitalité de celle-ci, elle n'en a pas pour autant investigué les portées interdisciplinaires et transdisciplinaires. Ainsi conçu comme un archétype de « la transformation réglée » (Derrida, 1972), le paradigme traductif nous permet d'observer la présence et l'évolution de la traduction dans les autres disciplines (des sciences humaines et sociales dans une première étape). Une tâche que nous voudrions tenter dans un projet de recherche en cours.
Dans le cadre de ce colloque, nous invitons les personnes intéressées à la réflexion sur le rapport entre la traduction et la notion de frontière, tant physique que métaphorique, afin d’analyser le rôle que la traduction et les traducteurs jouent dans les échanges interlinguistiques et interculturels.
La frontière, cette limite entre deux territoires, prend parfois la forme d’une véritable région frontalière, avec toute la complexité que cela implique. En traductologie, l’un des principaux apports des théories « culturelles », néo-coloniales, et féministes a été de formuler la problématique de la traduction en termes pluriels, en dépassant l’aspect binaire de la culture source et de la culture cible. La traduction se présente alors comme un espace d’échange, de mixité, de métissage linguistique (aspects linguistiques, culturels, sociologiques, voire anthropologiques de la traduction); mais aussi un lieu de pouvoir (création des identités nationales, contrôle des influx migratoires et des influences étrangères, question des politiques linguistiques et culturelles), et potentiellement, de conflit (enjeux politiques et diplomatiques de la traduction, rôle des traducteurs et interprètes comme médiateurs).
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