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Un concept de santé écosystémique à la fois normatif et naturalisé

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Antoine C. Dussault : Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST)

Résumé de la communication

Le concept de santé écosystémique, bien qu'il soit régulièrement invoqué par plusieurs écologues et environnementalistes, a généralement été considéré suspect par les philosophes qui s'y sont intéressés. Un premier problème associé au concept est celui de sa normativité. Le concept de santé semble être chargé axiologiquement, et devoir nécessairement se fonder sur des valeurs. Cela a souvent valu au concept l'accusation d'être un moyen détourné par lequel les écologues pourraient imposer leurs propres points de vue axiologiques sous le couvert d'un terme en apparence scientifique. Un second problème concerne le lien entre le concept de santé et celui de fonction. La principale théorie normative de la fonction ayant été formulée en philosophie de la biologie fait reposer la normativité des fonctions sur l'action passée de la sélection naturelle. Ancrer le concept de santé écosystémique dans cette théorie de la fonction nécessiterait par conséquent de faire la supposition que la sélection naturelle opère au niveau des écosystèmes, ce qui semble trop exigeant pour inclure la majorité des écosystèmes. Ma présentation vise à proposer une solution à ces deux problèmes. Je présenterai un concept de santé écosystémique qui ne se fonde pas sur des valeurs et qui s'ancre dans une théorie de la fonction plus polyvalente. Ceci nécessitera une rediscussion des relations entre les concepts de santé, de normalité et de fonctions, et une analyse du type de normativité requise par ces concepts.

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 9 mai 2013

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