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Cynthia Girard : UQAM - Université du Québec à Montréal
Pour l'histoire du Québec et du Canada depuis nos origines, la satire a été un outil pour questionner la véracité des faits historiques et politiques. La satire est également une stratégie employée par les artistes contemporains pour soulever des problématiques liées à la lecture de l'histoire : elle permet à l'artiste de s'immiscer dans l'écriture de l'histoire, de prendre parole et de questionner le discours et aussi l'esthétique dominants. Outre le caractère narratif de la satire, les arts visuels jouent également sur la matérialité. Ces deux facettes seront abordées ici par référence à des artistes comme Joyce Wieland, Claes Oldenburg, Franz West, Mike Kelley, Cindy Sherman, et Paul McCarthy. La satire au niveau formel prend souvent les formes du burlesque, de l'informel, de l'utilisation des arts appliqués, domestiques et populaires. Il s'agira d'illustrer comment se fait le processus de création de ce type d'approche critique, à partir de ma position d'artiste. Je montrerai comment je reprends les discours dominants en les détournant de leur supposée véracité (à partir de la représentation des Saints Martyrs canadiens jusqu'au discours d'ultra droite du gouvernement conservateur) pour ensuite aborder l'articulation du formel et du matériel qui est nécessaire pour faire rire et pour interroger le consensus esthétique dominant. Outre l'aspect narratif, je m'attarderai au caractère matériel de mes œuvres pour réfléchir à l'émergence d'une matérialité qui fait rire.
Ce colloque veut réunir les chercheurs établis et émergents qui s’intéressent aux démarches satiriques dans les arts visuels. Deux types de question sont à l’agenda : quels impacts peut-on tracer sur la représentation visuelle à partir de ces démarches; quelles inquiétudes et polémiques (sociales, politiques, culturelles, identitaires...) permettent-elles de circuler? Ensuite, comment l’étude de la satire visuelle transforme-t-elle l’histoire de l’art en tant que discipline? Depuis la fin du 18e siècle notamment, les formes satiriques de l’image, souvent virtuoses par ailleurs, ont regagné les sphères de l’imprimé de masse, pour éventuellement regagner ceux du musée et de l’archive, participant souvent par ailleurs (et parfois contre gré) aux narrations que forment les États au sujet de leurs trajectoires historiques. Depuis les années 1950, il semblerait qu’on assiste à l’intensification progressive du recours aux modes satiriques dans l’art contemporain, et ce, de manière directe à travers les infrastructures associatives et institutionnelles de l’art qui s’occupent des formes « anciennes » et « nouvelles » des arts visuels. La circulation de l’image satirique s’avère être un comportement qui travaille les structures géopolitiques de la culture occidentale et le statut chancelant de l’œuvre d’art, s’arrogeant les discours sur l’identité individuelle et collective, pour constituer une discursivité parallèle qui miroite et infiltre les lieux, les ambitions et les désirs des beaux-arts, souvent pour les rattacher à d’autres régimes, politique et économique notamment, à l’aide de stratégies humoristiques, « ridiculisantes » et renversantes.
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