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Danièle Bélanger : Université Laval
Depuis le début des années 2000, la région de Québec reçoit un nombre croissant de travailleurs migrants saisonniers dans le secteur agricole. Notre analyse porte, d'une part, sur l'expérience de ces migrants en territoire québécois et, d'autre part, sur les perspectives d'un groupe local d'acteurs-clefs sur cette population migrante. Cette présentation repose sur une recherche intervention effectuée auprès de 25 travailleurs migrants originaires du Guatemala, du Mexique et du Honduras à l'Ile d'Orléans sur une période de trois mois en 2011. Le projet combinait des cours de français gratuits et une recherche ethnographique sur l'expérience migrante. En 2012, nous avons effectué vingt entretiens avec des acteurs clefs de l'Ile d'Orléans appartenant à un de ces groupes: élus municipaux, pourvoyeurs de services (publics ou privés), propriétaires de commerce et résidents actifs sur la scène locale. Les résultats montrent que l'expérience migrante se caractérise par un sentiment d'exclusion sociale et de non appartenance. Les acteurs locaux, quant à eux, construisent les migrants comme une main d'œuvre de haute qualité, « invisible » socialement et qui relève essentiellement de l'entreprise privée.
Ce colloque, organisé par l’Équipe de recherche en partenariat sur la diversité culturelle et l’immigration dans la région de Québec (ÉDIQ, FRQSC), aborde la diversité culturelle et l’immigration en dehors des grands centres en questionnant les phénomènes d’insertion durable et de mobilité à la lumière des notions de transition, de qualité de vie et de sentiment d’appartenance. Il a pour but d’identifier les forces créatrices et les ressources d’inventivité des personnes, des groupes et des institutions au travers et au-delà des limites de la diversité. Une première hypothèse pose que les nouveaux arrivants ainsi que la population locale vivent des transitions qui questionnent les identités et les appartenances à partir de leurs ancrages historiques et de leurs dynamiques locales respectives. Une deuxième hypothèse avance que l’adaptation mutuelle, fondée sur la prise en compte des projets personnels et familiaux, sur la reconnaissance des identités et des apports de chacun, et sur la valorisation des apprentissages, des savoirs et des compétences acquis au cours de la mobilité ainsi qu’à travers les relations interculturelles, contribue à la cohésion sociale et à la qualité de vie de l’ensemble des citoyens. À l’heure où la diversité culturelle, historiquement fondatrice de la société québécoise, est remise en question et crée des inquiétudes concernant la cohésion sociale, les activités du colloque sont à même de contribuer à une réflexion sur l’élaboration des politiques et de proposer des manières innovantes d’accompagner les nouveaux arrivants, les membres des groupes minoritaires, la population en général dans un souci d’équité et d’égalité des chances.
Thème du colloque :