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Linda Moussakova : Cégep de Saint-Laurent
Cette libido sciendi peut être atteint en classe par des œuvres d'art. Assis dans un laboratoire de biologie, l'élève ne s'attend pas à voir des tableaux de grands maîtres de Rubens ou de Velasquez. Leurs yeux s'illuminent instantanément à la vue de ces œuvres. Cela surprend, intrigue, amorce des discussions, car le lien avec la biologie n'est pas toujours évident.
Cette idée a pris naissance à l'époque archaïque des acétates. Mais c'est indéniablement l'arrivée des projecteurs et de la médiatisation des classes qui ont changé du tout au tout mon enseignement. En un clic, de magnifiques images provenant des plus beaux musées du monde étaient accessibles.
Depuis 2011, cette matière se retrouve aussi sur un blogue. Les élèves peuvent y flirter avec les mathématiques ou la physique et être séduits par des jumelages artistiques avec d'autres disciplines scientifiques. Cette plateforme permet d'ouvrir à de multiples publics, hors de la classe.
Tout comme en amour…le plaisir est de mise. L'enseignement des sciences doit s'inscrire dans la philosophie d'Horace « Docere et Placere » qui signifie Instruire et Faire Plaisir.
En 2008, le physicien français Étienne Klein, constatant un désintérêt des jeunes pour les sciences, se demandait «comment la science [avait] pu perdre aussi rapidement de ses attraits, de son prestige?» De fait, plusieurs études font ressortir que l’enseignement peut décourager de la science. Au primaire, les élèves sont fascinés par les grenouilles et les étoiles, mais de 13 à15 ans, au passage des équations, l’intérêt décroit et après 15 ans, ce sentiment se cristallise et ce, même s’ils réussissent.
Que s’était-il passé avec la libido sciendi, avec le désir de savoir dont parlait Aristote? Klein formulait l’hypothèse «que la science, au lieu d’être présentée comme une authentique aventure intellectuelle, avec son histoire, ses héros, ses problèmes, ses méthodes, est enseignée comme un simple savoir-faire, une suite plate de résolutions d’exercices, une friche morte où pâturent des équations sans âme?»
La présente table ronde s’attardera à cette aventure qui vise à donner le gout du savoir. Cinq intervenants, qui «en ont vu» du public, viendront réfléchir autour de leurs pratiques de «séduction». Il y sera question des relations entre émotion et cognition, de l’importance de l’ancrage affectif, de la motivation qui se nourrit de désir, de ces rencontres «faiseuses» de vocation, de la dimension neurologique du plaisir de connaître, etc.
«L’enseignement n’est pas un vase que l’on remplit, mais un feu que l’on allume», Montaigne.
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