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Lilianne Bordeleau : CSSS - Centre de santé et des services sociaux de la Vieille-Capitale
La recherche sur la santé est bien souvent synonyme de multidisciplinarité. Cette multidisciplinarité peut entraîner des échanges de points de vue et de méthodes susceptibles d'enrichir un projet de recherche, et ce, à différents niveaux. Cependant, elle peut aussi amener des difficultés pouvant ralentir certaines collaborations, telle que la démonstration de la valeur scientifique d'une discipline ou d'une méthode de recherche. Ces difficultés soulèvent deux questionnements : quelle est la place de l'anthropologie en recherche sur la santé et comment arriver à délaisser l'idée trop souvent répandue de l'anthropologie comme science « molle »?
Je répondrai à ces questionnements en m'inspirant de mon parcours académique et professionnel. J'évoquerai les expériences multidisciplinaires auxquelles j'ai fait face depuis mes débuts dans le milieu de la recherche sur la santé. Aussi, je parlerai de la place de l'anthropologue au sein des groupes de recherche au Québec. La première partie de mon exposé traitera de mon parcours académique et des motifs justifiant mon choix d'un terrain local (Montréal) comme le lieu du sujet d'étude de ma maîtrise : le blanchiment de l'apparence. En deuxième partie, je parlerai de mon parcours professionnel qui fut l'occasion de travailler en multidisciplinarité avec différents professionnels et chercheurs.
L’anthropologie sociale et culturelle a traditionnellement étudié la diversité culturelle des peuples autochtones d’ici et d’ailleurs. Guidé par la méthode ethnographique, l’anthropologue séjournait alors longuement auprès du peuple étudié jusqu’à l’obtention d’une description de ses pratiques et des ses croyances (Boas 1911, Evans-Pritchard 1937, Malinowski 1922).
Bien que l’anthropologie traditionnelle soit toujours pertinente, plusieurs facteurs scientifiques et professionnels en diminuent la faisabilité. De ces facteurs soulignons le nombre grandissant d’études locales et d’auto-ethnographies (Augé 1992 et 1994, Bensa 2006, Caratini 2004) ainsi que les défis de l’employabilité des anthropologues de la relève. Pour répondre à ces nouvelles réalités disciplinaires, l’anthropologie se doit de diversifier ses pratiques et ses objets de recherche.
Ce colloque rassemblera des anthropologues professionnels et de la relève qui se sont démarqués de la tradition disciplinaire en menant leur recherche au Québec, sur des enjeux locaux. Leurs recherches et leurs parcours professionnels permettront de réfléchir à la question suivante : comment l'anthropologie peut-elle contribuer à l'étude des enjeux de notre société québécoise? Par ce colloque, anthropologues professionnels et étudiants feront part des résultats de leurs recherches en terrain québécois. Ils réfléchiront aux apports des méthodes, concepts et approches de l'anthropologie pour l'étude des enjeux de notre société québécoise.
Ce colloque poursuivra trois objectifs : 1) Promouvoir l’apport et la pertinence des recherches anthropologiques pour la société québécoise; 2) Diffuser les résultats de recherches anthropologiques effectuées au Québec; 3) Soutenir la relève par le dialogue entre anthropologues professionnels et étudiants.