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Martine Gross
À l'automne 2012 et au début de l'hiver 2012-2013, la France a connu un débat houleux à propos de l'ouverture du mariage aux couples de personnes de même sexe. Plus de 12 ans après l'adoption du pacs qui apportait la reconnaissance des unions de personnes de même sexe, mais sans effets en matière de liens familiaux avec les enfants, le débat porte aujourd'hui sur l'homoparentalité. En effet, le projet de loi présenté à l'Assemblée nationale en février 2013 par le gouvernement de François Hollande propose non seulement d'ouvrir le mariage, mais également l'adoption. Des députés ont présenté des amendements pour permettre aux couples de femmes d'accéder à l'assistance médicale à la procréation actuellement réservée aux couples hétérosexuels.
Les opposants au projet de loi, au rang desquels on trouve les représentants des religions du livre ainsi quelques psychanalystes, usent d'un argumentaire anthropologique pour dénoncer une initiative qui saperait les fondements hétérosexuels de la société et feraient croire aux enfants qu'ils peuvent naître de parents de même sexe.
De leur côté, les couples d'hommes et les couples de femmes renoncent de moins en moins à réaliser leur désir de transmission et à fonder une famille homoparentale.
Lors de cette conférence, j'exposerai du point de vue sociologique l'évolution des familles homoparentales en France depuis une quinzaine d'années et rendrai compte du débat récent autour de l'ouverture du mariage civil et de l'adoption aux couples de même sexe.
Organisé par l'équipe de recherche Sexualités et Genres : Vulnérabilités, Résiliences, ce colloque propose une exploration multidisciplinaire des thèmes actuels en recherche concernant les enjeux vécus par les familles issues de la diversité sexuelle, ici et ailleurs. Il fera état de la réalité de ces familles, c’est-à-dire celles dont au moins l’un des parents s’identifie comme lesbienne, gai, bisexuel-le, transgenre ou transsexuel-le.
Ces familles ont comme particularité la dissociation qu’elles font entre la procréation et l’éducation des enfants alors qu’elles mettent en évidence une certaine rupture entre les aspects biologiques, sociaux et légaux dans le lien parent-enfant. En effet, pour se concrétiser, le projet parental des gais et lesbiennes doit nécessairement impliquer une tierce partie, que ce soit un donneur ou une donneuse de gamètes, une femme qui acceptera d’agir comme « mère porteuse », ou encore des parents d’origine d’un enfant adoptable. Quant aux familles transparentales (c’est-à-dire celles dont l’un des parents présente une transidentité), si elles n’impliquent pas nécessairement un apport extérieur à l’unité conjugale pour s’établir, elles doivent néanmoins composer avec une transformation du rôle parental induit par la nouvelle identité de genre,a fortiori lorsque celle-ci se produit après la création de la famille. Enfin, même si au Québec elles ont atteint l’égalité juridique depuis dix ans grâce à la Loi instituant l’union civile et les nouvelles règles de filiation, les familles issues de la diversité sexuelle doivent faire face à des enjeux et défis spécifiques reliés au contexte hétéronormatif dans lequel elles évoluent.
Concrètement, ce colloque abordera les thèmes suivant : a) enjeux et défis sociojuridiques auxquels font face ces familles; b) impacts de l’homophobie, de la transphobie et de l’hétéronormativité sur leur bien-être; c) besoins des familles en terme de services ou de programmes d’intervention; d) vécu des enfants et; e) état des lieux des recherches sur le sujet dans la francophonie.
Titre du colloque :