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Enrico Orsingher : EHESS - École des hautes études en sciences sociales
« Je ne sais pas si ces deux-là sont des Turcs ou des Valaches ». Comme on peut voir, entre autres, de la traduction de ce passage du livret de Da Ponte, la présence des turcs est centrale dans le jeu de déguisement à la base du Così fan tutte, opéra de Mozart et Da Ponte mis en scène à Vienne, en 1790. Le Così fan tutte, dernière des trois fructueuses collaborations du musicien autrichien avec le librettiste vénitien, n'a jamais suscité l’appétence du public, surtout des critiques du XIXe siècle, qui l'ont toujours considérée comme une comédie frivole, non digne du génie de Mozart. Son élément turc a subi le même sort, toujours négligé par les analyses des historiens et musicologues ou relégué dans le vaste ensemble de la mode turquisante et orientalisante qui caractérise la culture et les arts européens à partir du XVIIIe siècle. Loin d’être un simple phénomène de mode, la présente communication veut, à travers une analyse attentive du livret de Da Ponte, reconsidérer l'importance et la prégnance de cette structure turque de l'opéra. En débusquant les références cachées entre les lignes, on découvre ainsi la vraie portée tragique de cette présence turque dans le récit masquée d'une patine comique. En suivant cette démarche, le Così fan tutte s'avère un miroir privilégié pour tracer une évolution de la perception de l'image du turc dans les esprits européens du XVIIIe siècle et en général de l’époque moderne.
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