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Enrico Orsingher : EHESS - École des hautes études en sciences sociales
Le Nabucodonosor de Giuseppe Verdi, créé en 1842 dans le Milan habsburgique sur le livret homonyme de Temistocle Solera (1840), a toujours été considéré comme l’opéra par excellence du Risorgimento italien. L'histoire du peuple juif vaincu et exilé qui entonne le célèbre chœur Va' Pensiero, apparaît en effet comme une allusion explicite à la situation du peuple italien sous le joug autrichien. Satisfait par une lecture si aisément pertinente à la poétique verdienne de l'auteur engagé et fonctionnelle à la rhétorique nationale italienne, on ne se pose pas une question capitale: pourquoi la censure autrichienne n'a pas remarqué une si évidente allusion et censuré la pièce? La présente communication veut proposer une solution à cette question. En laissant de côté l'opéra proprement dit, on se concentre sur le livret de Solera, l'objet qui effectivement passa au crible de la censure. A travers une analyse du texte narratif, de l'iconographie des rois babyloniens à l'époque moderne, de la vie et de l'action de Solera et des contextes politiques-culturels de la période, on découvre ainsi l’existence d'un écart entre la composition conservatrice voire réactionnaire de Solera, et la mise en musique de Verdi, caractérisée, au contraire, par un élan progressiste. En suivant cette démarche, on peut donc comprendre pourquoi une pièce qui avait été jugée inoffensive voire fonctionnelle à l'ordre établi, devient un des hymnes du peuple italien révoltant sur les barricades de 1848.
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