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Normand Voyer : Université Laval
D'un côté, on prend acte d'une technoscience qui surdétermine toute notre société et de l'autre, on observe d'importantes failles du côté de l'esprit critique, rationnel et scientifique. Quand le chercheur prend conscience de cette situation paradoxale, il peut alors avoir le goût d'entrer dans la mêlée. Et s'il vise à intéresser les jeunes ou le grand public à sa science, à la science, il aura une distance à parcourir, un point de vue à modifier, un angle nouveau à trouver, bref beaucoup du travail à faire. Et s'il est du côté de la chimie, et que son point de départ est moléculaire, la distance à couvrir tiendra alors du grand écart.
Mais un chemin s'est ouvert, pas évident au premier abord, car il était celui de l'amour... Et en avançant masqué sur ce sentier, le chercheur en profiterait pour faire connaître ce qu'est l'approche scientifique, pour démonter le mythe du « bollé » ou faire voir, sans moraliser, les aléas des émotions médicamentées.
En 2008, le physicien français Étienne Klein, constatant un désintérêt des jeunes pour les sciences, se demandait «comment la science [avait] pu perdre aussi rapidement de ses attraits, de son prestige?» De fait, plusieurs études font ressortir que l’enseignement peut décourager de la science. Au primaire, les élèves sont fascinés par les grenouilles et les étoiles, mais de 13 à15 ans, au passage des équations, l’intérêt décroit et après 15 ans, ce sentiment se cristallise et ce, même s’ils réussissent.
Que s’était-il passé avec la libido sciendi, avec le désir de savoir dont parlait Aristote? Klein formulait l’hypothèse «que la science, au lieu d’être présentée comme une authentique aventure intellectuelle, avec son histoire, ses héros, ses problèmes, ses méthodes, est enseignée comme un simple savoir-faire, une suite plate de résolutions d’exercices, une friche morte où pâturent des équations sans âme?»
La présente table ronde s’attardera à cette aventure qui vise à donner le gout du savoir. Cinq intervenants, qui «en ont vu» du public, viendront réfléchir autour de leurs pratiques de «séduction». Il y sera question des relations entre émotion et cognition, de l’importance de l’ancrage affectif, de la motivation qui se nourrit de désir, de ces rencontres «faiseuses» de vocation, de la dimension neurologique du plaisir de connaître, etc.
«L’enseignement n’est pas un vase que l’on remplit, mais un feu que l’on allume», Montaigne.
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