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Annie Royer : Université Laval
La mise en marché collective est un modèle d'organisation et de commercialisation des produits agricoles utilisé depuis près de 60 ans au Québec. Mécanisme d'action collective à caractère obligatoire, la mise en marché collective se veut d'abord et avant tout un outil développé par les producteurs agricoles permettant d'améliorer les conditions de vente de leurs produits au travers d'un meilleur pouvoir de négociation et d'une commercialisation ordonnée. La communication se fera en trois temps. Dans un premier temps, le concept de mise en marché collective, son origine au Québec et ses objectifs seront expliqués. Dans un second temps, il sera question de l'examen des récentes transformations de l'environnement économique du secteur agroalimentaire et des défis que posent ces transformations au modèle de mise en marché collective. Enfin, la présentation se terminera par une réflexion sur les perspectives de développement de la mise en marché collective des produits agricoles dans ce contexte.
Plus que la somme de politiques et de programmes au premier abord disparates, le modèle agricole et agroalimentaire québécois est le fruit d’un projet, tacite ou explicite, formulé par la société québécoise : celui d'une maîtrise collective des leviers structurant l’économie agricole et l’occupation du territoire rural. Cette volonté a rendu possible la mise en place, tout au long du 20e siècle, des composantes stratégiques de ce modèle que sont la protection du territoire agricole, le soutien du revenu des agriculteurs, les coopératives agricoles, la mise en marché collective, la gestion de l’offre et le mode de représentation des agriculteurs. Aborder et évaluer la portée de l’une ou l’autre de ces initiatives sans les rapporter à l’idéal sous-jacent pour lequel elles ont été instituées conduit à éclipser la question fondamentale de leur sens pour la société québécoise.
Cette question se pose à nouveaux frais aujourd’hui, alors que des dynamiques ont mis à l’épreuve les politiques destinées à soutenir l’agriculture et l’agroalimentaire québécois. L’accélération de la mondialisation, la gestion des grands distributeurs, les problèmes liés à l’installation de la relève, l’endettement des fermes, l’accaparement des terres par des fonds spéculatifs, toutes ces dynamiques mettent le modèle agricole québécois sous tension. Plus : elles ont entraîné ce dernier dans un processus de redéfinition dont l’issue dépendra largement de la capacité des acteurs concernés à réactiver le projet qui lui a donné corps.
Le colloque porte sur l’analyse des tensions, des transformations et des voies de renouvellement du modèle agricole et agroalimentaire québécois. Il souhaite mettre en lumière les caractéristiques des phénomènes de longue portée affectant le devenir de l’agriculture au Québec, soulever les enjeux que posent ces phénomènes aux parties prenantes du modèle québécois, ainsi qu’explorer les propositions susceptibles de relancer l’avenir des communautés rurales et agricoles.
Thème du colloque :