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Julie Mcdonough Dolmaya : Collège universitaire Glendon
Au Canada, les années 70, 80 et 90 ont donné lieu à la publication de plus de mille ouvrages—et une
centaine de traductions—portant sur le nationalisme québécois, les mouvements indépendantistes et les
référendums sur la souveraineté. Malgré la diversité de ces publications (biographies, analyses
politiques, essais polémiques, etc.), presque tous ces ouvrages portaient sur des thèmes qui ont
provoqué la controverse au Canada. Les paratextes qui se trouvent dans les traductions de ces textes
sont donc une ressource importante qui illumine les différences perçues entre les opinions politiques
des lecteurs anglophones et francophones. On y retrouve aussi une indication de la façon dont on
concevait la traduction dans ce domaine : est-ce c'était une activité à soutenir ou à résister, et pour
quelles raisons?
Cette communication aura pour but d'analyser les paratextes dans les traductions anglaises et françaises
de ces textes. Elle va démontrer la façon dont les textes français qui soutenaient la souveraineté ou qui
condamnaient le fédéralisme canadien étaient présentés aux lecteurs anglophones, et la façon dont les
textes anglais qui attaquaient les Québécois francophones ont été par la suite présentés à ce public
critiqué. Enfin, elle va étudier les caractéristiques partagées par les paratextes anglais et français,
examiner les différences entre ces derniers, et tenter de déterminer pourquoi ces différences et ces
similarités existaient.
Dans le cadre de ce colloque, nous invitons les personnes intéressées à la réflexion sur le rapport entre la traduction et la notion de frontière, tant physique que métaphorique, afin d’analyser le rôle que la traduction et les traducteurs jouent dans les échanges interlinguistiques et interculturels.
La frontière, cette limite entre deux territoires, prend parfois la forme d’une véritable région frontalière, avec toute la complexité que cela implique. En traductologie, l’un des principaux apports des théories « culturelles », néo-coloniales, et féministes a été de formuler la problématique de la traduction en termes pluriels, en dépassant l’aspect binaire de la culture source et de la culture cible. La traduction se présente alors comme un espace d’échange, de mixité, de métissage linguistique (aspects linguistiques, culturels, sociologiques, voire anthropologiques de la traduction); mais aussi un lieu de pouvoir (création des identités nationales, contrôle des influx migratoires et des influences étrangères, question des politiques linguistiques et culturelles), et potentiellement, de conflit (enjeux politiques et diplomatiques de la traduction, rôle des traducteurs et interprètes comme médiateurs).
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