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L'archive de l'intime, entre les vivants et les morts

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Marion Froger

Résumé de la communication

Que fait-on des traces matérielles d'intimité que laisse un proche après sa mort ? Pour qui et pourquoi constituent-elles une archive et à quelles fins ? L'ambivalence est grande face à de telles traces : soit qu'un interdit pèse sur la conservation de ces restes d'intimité que l'on enterre ou que l'on dissémine dans les encans ; soit qu'au contraire un attachement jaloux ou un devoir d'exposition s'impose aux proches au nom d'une “mémoire collective”. Quand le “résiduel d'intimité” se fait archives, l'intimité du mort exposé à des tiers est mise en danger. Pourtant, l'archive la recouvre plus qu'elle ne la découvre, et fait exister sous son voile l“intime” finalement dérobé. À travers quelques exemples [le “cadavre-archive” et ses usages scientifiques, artistiques ou mémoriels ; la recomposition postmortem de l'intimité des grands disparus et les formes d'attachement imaginaires entre eux et le public ; inversement, la dissolution des personnes dans l'éparpillement de leurs traces matérielles, l'état de grâce des “intimités” fragmentées, résiduelles et anonymes conservées et retrouvées dans des archives (objets, textes, images) sous forme “d'éclats”, comme en témoigne Arlette Farge], nous explorerons les différents passages entre intimité et domaine public, communauté de proches, collectivité plus large, lien vécu et lien imaginaire ; et le rapport entre les morts et les vivants qui s'y (dé)noue constamment à la faveur d'une expérience d'estrangement.

Résumé du colloque

On assiste depuis une vingtaine d’années à un éclatement de la notion d’archives, sur le plan de sa définition, de ses pratiques, de ses supports : l’arrivée des technologies numériques, l’absorption sous la notion de patrimoine de domaines de plus en plus vastes et larges, une attention marquée pour les formes sensibles de l’inscription et de l’enregistrement du passé, entraînent une nouvelle compréhension, critique, théorique, esthétique et sociale des archives. Il n’est donc pas étonnant que la réflexion sur les archives suscite un engouement marqué dans bon nombre de disciplines, bien au-delà du seul champ de l’archivistique et de l’histoire — alors qu’en même temps ces dernières subissent de très importants bouleversements dans leur manière de penser les archives et les nouveaux défis qu’elles posent. Des études cinématographiques à la philosophie, de la littérature aux communications, de l’anthropologie à l’histoire de l’art, de la psychanalyse à la théologie, et bien d’autres, toutes les branches des sciences humaines et sociales, de diverses manières et pour diverses raisons, se trouvent interpellées par la question de l’archive. Ce colloque a pour but de témoigner de cette pluralité des appréhensions et des compréhensions de l’archive, dans une perspective intermédiale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
news icon Thème du colloque :
Archives et intermédialités
section icon Date : 10 mai 2013

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Titre du colloque :

Archives et intermédialités

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