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Emmet Walsh : Université de Montréal
Si le deuil représente une période de transition, dans quelle activité la personne en deuil peut-elle s'engager pour passer à travers cette étape? Certaines personnes endeuillées semblent intuitivement attirées par la création d'archive. Dans le cas où le défunt a laissé un testament, l'organisation et la redistribution de ses biens est établie à partir de ce document. Je m'intéresserai ici au cas où il n'y a pas de testament, où celui en deuil se sent contraint d'organiser les objets appartenant -ou associés- au défunt et donc de constituer une archive. Ma recherche concerne plus spécifiquement le cas de mon frère, un artiste décédé il y a plus de cinq ans. Il a laissé un corpus, jamais exposé ou publié. J'explorerai les questions suivantes : Est-ce que le travail de constitution d'archive peut libérer quelqu'un de son deuil ? Est-ce possible d'incorporer l'archive dans un processus créatif propre au survivant ? Dans le cas du suicide, est-ce un deuil différent, est-ce qu'il existe une urgence plus prononcée pour créer l'archive du défunt ? A partir de textes portant sur le deuil et la représentation d'un défunt (Barthes) ou sur le processus de deuil (Freud, Derrida), j'aborderai mon expérience avec les œuvres artistiques de mon frère et comment la constitution de son archive devient un travail de collaboration. Ce processus sera présenté dans un essai visuel où les images cinématographiques de mon frère seront accompagnées d'autre matériel d'archives.
On assiste depuis une vingtaine d’années à un éclatement de la notion d’archives, sur le plan de sa définition, de ses pratiques, de ses supports : l’arrivée des technologies numériques, l’absorption sous la notion de patrimoine de domaines de plus en plus vastes et larges, une attention marquée pour les formes sensibles de l’inscription et de l’enregistrement du passé, entraînent une nouvelle compréhension, critique, théorique, esthétique et sociale des archives. Il n’est donc pas étonnant que la réflexion sur les archives suscite un engouement marqué dans bon nombre de disciplines, bien au-delà du seul champ de l’archivistique et de l’histoire — alors qu’en même temps ces dernières subissent de très importants bouleversements dans leur manière de penser les archives et les nouveaux défis qu’elles posent. Des études cinématographiques à la philosophie, de la littérature aux communications, de l’anthropologie à l’histoire de l’art, de la psychanalyse à la théologie, et bien d’autres, toutes les branches des sciences humaines et sociales, de diverses manières et pour diverses raisons, se trouvent interpellées par la question de l’archive. Ce colloque a pour but de témoigner de cette pluralité des appréhensions et des compréhensions de l’archive, dans une perspective intermédiale.
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