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Jocelyn Darou : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les fiducies foncières (FF) ont comme mission de protéger à perpétuité des terres ayant une valeur écologique, sociale ou patrimoniale importante ou encore leur vocation communautaire ou agricole. Ces organismes sont incontournables dans le monde de la conservation des milieux naturels aux É-U (on en dénombre plus de 2000 et leur existence remonte à la fin du 19e siècle). Depuis environ 30 ans, des FF ont commencé à s'intéresser plus activement à la protection des terres agricoles et plusieurs fiducies foncières agricoles (FFA) ont été créées avec comme mission de protéger les terres agricoles. Dans un contexte québécois où le nombre de ferme est en diminution constante, où l'endettement des agriculteurs et la valeur des terres agricoles augmentent environ deux fois plus rapidement que les revenus agricoles moyens et où on tente de plus en plus de mettre en place un modèle de développement durable des communautés rurales fondé sur l'occupation dynamique des territoires, plusieurs acteurs du monde rural et agricole et du milieu de l'économie sociale désirent explorer comment les FFA pourraient répondre à un certain nombre de besoins. D'ailleurs, la fiducie civiliste au Québec est un outil juridique qui peut être particulièrement intéressant dans la création de FFA, étant donné la souplesse de mise en forme et sa solidité une fois créée. Plusieurs acteurs travaillent actuellement à appuyer le développement des FFA au Québec et aider à créer un réseau d'appui à ce développement.
Plus que la somme de politiques et de programmes au premier abord disparates, le modèle agricole et agroalimentaire québécois est le fruit d’un projet, tacite ou explicite, formulé par la société québécoise : celui d'une maîtrise collective des leviers structurant l’économie agricole et l’occupation du territoire rural. Cette volonté a rendu possible la mise en place, tout au long du 20e siècle, des composantes stratégiques de ce modèle que sont la protection du territoire agricole, le soutien du revenu des agriculteurs, les coopératives agricoles, la mise en marché collective, la gestion de l’offre et le mode de représentation des agriculteurs. Aborder et évaluer la portée de l’une ou l’autre de ces initiatives sans les rapporter à l’idéal sous-jacent pour lequel elles ont été instituées conduit à éclipser la question fondamentale de leur sens pour la société québécoise.
Cette question se pose à nouveaux frais aujourd’hui, alors que des dynamiques ont mis à l’épreuve les politiques destinées à soutenir l’agriculture et l’agroalimentaire québécois. L’accélération de la mondialisation, la gestion des grands distributeurs, les problèmes liés à l’installation de la relève, l’endettement des fermes, l’accaparement des terres par des fonds spéculatifs, toutes ces dynamiques mettent le modèle agricole québécois sous tension. Plus : elles ont entraîné ce dernier dans un processus de redéfinition dont l’issue dépendra largement de la capacité des acteurs concernés à réactiver le projet qui lui a donné corps.
Le colloque porte sur l’analyse des tensions, des transformations et des voies de renouvellement du modèle agricole et agroalimentaire québécois. Il souhaite mettre en lumière les caractéristiques des phénomènes de longue portée affectant le devenir de l’agriculture au Québec, soulever les enjeux que posent ces phénomènes aux parties prenantes du modèle québécois, ainsi qu’explorer les propositions susceptibles de relancer l’avenir des communautés rurales et agricoles.
Thème du colloque :