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Marc-Alexandre Reinhardt : Université de Montréal
Dans le cinéma de Konrad Wolf et l'écriture de Paul Celan, ces deux figures liminales – Le front de l'est et le méridien – sous-entendent les déplacements, géographiques et langagiers, occasionnés par la deuxième guerre mondiale. Si dans les deux cas l'expérience de guerre a été vécue en personne, leurs œuvres présentent un rapport différent à l'histoire et révèlent une disposition éthique particulière dont témoigne à certains égards la matérialité même de leurs médiums respectifs. Cette communication propose une étude comparative du film Ich war 19 (1968) de Wolf et de quelques écrits (poèmes et prose) de Celan afin de montrer comment le récit audiovisuel autobiographique de Wolf, soldat interprète pour l'armée russe durant le conflit et médiateur culturel de premier plan en RDA, se distingue de la réponse à l'histoire donnée par Celan, traducteur et poète notoire de la littérature germanophone d'après-guerre. La figure épistémologique de la traduction sera ainsi explorée dans sa dimension métaphorique et éthique afin mettre en lumière, d'un média à l'autre, certains enjeux relatifs aux tensions identitaires en lieux de conflits, aux modalités de transmission historique et à la manière d'être au temps dont l'acte de traduire constitue une expérience paradigmatique. Il s'agira, en filigrane, d'esquisser une démarcation entre deux conceptions de la traduction, l'une extensive et l'autre intensive, qui participent chacune singulièrement à l'économie du savoir.
Dans le cadre de ce colloque, nous invitons les personnes intéressées à la réflexion sur le rapport entre la traduction et la notion de frontière, tant physique que métaphorique, afin d’analyser le rôle que la traduction et les traducteurs jouent dans les échanges interlinguistiques et interculturels.
La frontière, cette limite entre deux territoires, prend parfois la forme d’une véritable région frontalière, avec toute la complexité que cela implique. En traductologie, l’un des principaux apports des théories « culturelles », néo-coloniales, et féministes a été de formuler la problématique de la traduction en termes pluriels, en dépassant l’aspect binaire de la culture source et de la culture cible. La traduction se présente alors comme un espace d’échange, de mixité, de métissage linguistique (aspects linguistiques, culturels, sociologiques, voire anthropologiques de la traduction); mais aussi un lieu de pouvoir (création des identités nationales, contrôle des influx migratoires et des influences étrangères, question des politiques linguistiques et culturelles), et potentiellement, de conflit (enjeux politiques et diplomatiques de la traduction, rôle des traducteurs et interprètes comme médiateurs).
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