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Jean-Luc Bédard : Université TÉLUQ
Après un doctorat sur l'identité, la mémoire et l'immigration (U. Laval, 2005), je contribue depuis 2006 à des travaux de recherche appliquée sur le travail. Ces projets de recherches appliquées portent sur les thèmes de la formation en milieu de travail, ainsi que du développement et de la reconnaissance des compétences.
Je décrirai d'abord les étapes à franchir pour qu'un projet soit retenu par un organisme subventionnaire et les conséquences sur la présentation d'une démarche anthropologique. Les appels de projets sont orientés vers des objectifs pratiques, associés aux politiques publiques de l'emploi au Québec. Ensuite, sur le terrain, les sollicitations de participation auprès des entreprises (surtout des PME de secteurs manufacturiers) m'amènent à me présenter comme n'étant ni un chercheur aux visées seulement théoriques, ni un consultant muni d'un coffre à outils, promettant des recettes ou solutions « clés en main » ou la présentation des « meilleures pratiques ». Cette présentation s'attardera donc à décrire plus précisément ce parcours sinueux, pour en montrer à la fois certains périls, qui ne sont pas sans rappeler le dilemme faustien du pouvoir de la science, et certaines opportunités d'une pratique anthropologique co-construite.
L’anthropologie sociale et culturelle a traditionnellement étudié la diversité culturelle des peuples autochtones d’ici et d’ailleurs. Guidé par la méthode ethnographique, l’anthropologue séjournait alors longuement auprès du peuple étudié jusqu’à l’obtention d’une description de ses pratiques et des ses croyances (Boas 1911, Evans-Pritchard 1937, Malinowski 1922).
Bien que l’anthropologie traditionnelle soit toujours pertinente, plusieurs facteurs scientifiques et professionnels en diminuent la faisabilité. De ces facteurs soulignons le nombre grandissant d’études locales et d’auto-ethnographies (Augé 1992 et 1994, Bensa 2006, Caratini 2004) ainsi que les défis de l’employabilité des anthropologues de la relève. Pour répondre à ces nouvelles réalités disciplinaires, l’anthropologie se doit de diversifier ses pratiques et ses objets de recherche.
Ce colloque rassemblera des anthropologues professionnels et de la relève qui se sont démarqués de la tradition disciplinaire en menant leur recherche au Québec, sur des enjeux locaux. Leurs recherches et leurs parcours professionnels permettront de réfléchir à la question suivante : comment l'anthropologie peut-elle contribuer à l'étude des enjeux de notre société québécoise? Par ce colloque, anthropologues professionnels et étudiants feront part des résultats de leurs recherches en terrain québécois. Ils réfléchiront aux apports des méthodes, concepts et approches de l'anthropologie pour l'étude des enjeux de notre société québécoise.
Ce colloque poursuivra trois objectifs : 1) Promouvoir l’apport et la pertinence des recherches anthropologiques pour la société québécoise; 2) Diffuser les résultats de recherches anthropologiques effectuées au Québec; 3) Soutenir la relève par le dialogue entre anthropologues professionnels et étudiants.