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Les familles homoparentales en Espagne après la reconnaissance du mariage pour tous : histoire, situation actuelle et défis pour le futur

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José Ignacio Pichardo Galán : Universidad Complutense de Madrid

Résumé de la communication

L'exposé débute avec un rapide parcours de la situation des couples de même sexe (et de leurs enfants) dans l'histoire récente de l'Espagne jusqu'à l'adoption en 2005 de la loi accordant à ces couples le droit de se marier. Ce bref retour historique fournit les outils pour comprendre comment et pourquoi ce pays s'est retrouvé à l'avant-garde en matière de reconnaissance des droits des familles homoparentales. Néanmoins, les défis pour ces familles demeurent nombreux en Espagne. Des inégalités juridiques subsistent, comme l'absence de filiation automatique pour les enfants des mères lesbiennes mariées ou l'obligation de se marier pour les couples qui veulent la filiation conjointe. Certaines pratiques juridiques maintiennent des discriminations envers les familles homoparentales, notamment les difficultés pour l'inscription des enfants nés à l'étranger grâce à la gestation pour autrui ou les difficultés d'accès à la procréation médicalement assistée dans le système public de santé pour les couples lesbiens ou les femmes non mariées. La pluriparentalité, l'accès à la parentalité à l'aide de l'auto-insémination et les familles trans remettent en question la loi, mais aussi les conceptions de la famille homoparentale comme étant toujours biparentale. En outre, la reconnaissance juridique n'implique pas automatiquement la reconnaissance sociale pour les couples et les familles. L'homophobie demeure présente, ce qui soulève des préoccupations dont nous ferons également état.

Résumé du colloque

Organisé par l'équipe de recherche Sexualités et Genres : Vulnérabilités, Résiliences, ce colloque propose une exploration multidisciplinaire des thèmes actuels en recherche concernant les enjeux vécus par les familles issues de la diversité sexuelle, ici et ailleurs. Il fera état de la réalité de ces familles, c’est-à-dire celles dont au moins l’un des parents s’identifie comme lesbienne, gai, bisexuel-le, transgenre ou transsexuel-le.

Ces familles ont comme particularité la dissociation qu’elles font entre la procréation et l’éducation des enfants alors qu’elles mettent en évidence une certaine rupture entre les aspects biologiques, sociaux et légaux dans le lien parent-enfant. En effet, pour se concrétiser, le projet parental des gais et lesbiennes doit nécessairement impliquer une tierce partie, que ce soit un donneur ou une donneuse de gamètes, une femme qui acceptera d’agir comme « mère porteuse », ou encore des parents d’origine d’un enfant adoptable. Quant aux familles transparentales (c’est-à-dire celles dont l’un des parents présente une transidentité), si elles n’impliquent pas nécessairement un apport extérieur à l’unité conjugale pour s’établir, elles doivent néanmoins composer avec une transformation du rôle parental induit par la nouvelle identité de genre,a fortiori lorsque celle-ci se produit après la création de la famille. Enfin, même si au Québec elles ont atteint l’égalité juridique depuis dix ans grâce à la Loi instituant l’union civile et les nouvelles règles de filiation, les familles issues de la diversité sexuelle doivent faire face à des enjeux et défis spécifiques reliés au contexte hétéronormatif dans lequel elles évoluent.

Concrètement, ce colloque abordera les thèmes suivant : a) enjeux et défis sociojuridiques auxquels font face ces familles; b) impacts de l’homophobie, de la transphobie et de l’hétéronormativité sur leur bien-être; c) besoins des familles en terme de services ou de programmes d’intervention; d) vécu des enfants et; e) état des lieux des recherches sur le sujet dans la francophonie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 10 mai 2013

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