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Jacques Caillouette : Université de Sherbrooke
Pour la théorie de l'acteur-réseau (Akrich, Callon, Latour, 2006), tout acteur est un réseau et inversement, l'action d'une entité du réseau entraîne la modification de ce dernier; toute action impliquant l'ensemble du réseau a une incidence sur ses propres composantes. À partir de cette problématique, nous jetterons un éclairage sur les processus identitaires qu'implique l'engagement des acteurs – praticiens et chercheurs – dans des démarches de recherche partenariale. Ces processus n'appellent pas que l'addition de différents types d'engagement et de différentes logiques d'action (Thévenot, 2006), ils demandent leur inter-fécondation, le tout pour constituer un univers identitaire nouveau. Au lieu de parler de la constitution d'un acteur-hybride, il est beaucoup plus heuristique et conforme à la réalité de parler de la constitution d'un espace-hybride d'action et de recherche.
L’analyse des réseaux – perçue comme un paradigme, une approche ou une méthodologie – a connu un essor étonnant dans la littérature en sciences sociales au cours des quinze dernières années. Plus précisément, il y a eu une diversification inouïe des manières de concevoir l’analyse des réseaux aux plans ontologique et épistémologique, des manières de faire l’analyse des réseaux ainsi que des objets et des situations qui sont traités dans cette optique. Dans plusieurs domaines de recherche appliquée, le concept de « réseau » a été couramment utilisé comme métaphore pour faire référence à un ensemble d’acteurs ou à un certain type de relation, ni hiérarchique ni marchande. Par contraste, aujourd’hui, les réseaux sont de plus en plus considérés sérieusement en tant que toiles de communication, d’interactions et de transactions. Dans les domaines notamment de l’administration publique, de la criminologie, du management et de la psychosociologie, des approches d’analyse des réseaux occupent une place de plus en plus importante. Cette tendance reflète la reconnaissance de la primauté du lien comme l’élément fondamental du social, et du fait que toute action humaine est imbriquée dans des réseaux. Ce colloque propose des conférences qui feront la démonstration de la pertinence de l’analyse des réseaux pour faire avancer les connaissances dans des domaines appliqués des sciences sociales, avec comme objectif de faire connaître la diversité émergente des approches théoriques et méthodologiques qui se réclament aujourd’hui de ce paradigme. Les conférences aborderont des enjeux tels : la fabrication des relations interdisciplinaires, interorganisationnels ou intersectoriels dans les domaines de la santé et des services sociaux; l’articulation des réseaux locaux et transnationaux des communautés ethnoculturelles; les passages entre réseaux de pairs et réseaux d’adultes chez les jeunes; l’impact du chômage sur les réseaux concentriques du chômeur, etc.