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Chantal Gagnon : Université de Montréal
Parce que l'idéologie renvoie aux croyances et aux valeurs partagées collectivement par un groupe social (Hatim et Mason 1997), cette notion constitue un excellent outil pour étudier la question identitaire. Par exemple, nous avons déjà montré que pour défendre le nationalisme canadien, le gouvernement fédéral a mis l'accent, en français, sur les valeurs démocratiques en utilisant des termes comme « citoyens » ou « concitoyens », alors que pour les mêmes extraits, l'anglais présentait des valeurs patriotiques, avec « fellow Canadians » (Gagnon 2009). On comprend qu'au Canada, l'idéologie reflète les frontières sociales, politiques et culturelles qui séparent les communautés linguistiques officielles. Les études canadiennes en traductologie ont bien montré que la traduction joue à la fois un rôle de rapprochement (on pense aux travaux de Sherry Simon) et d'éloignement (les travaux de Brian Mossop, par exemple). La présente communication étudiera la façon dont la frontière idéologique se manifeste dans les discours du trône de la Chambre des communes canadiennes au cours du XXe et du XXIe siècle.
Dans le cadre de ce colloque, nous invitons les personnes intéressées à la réflexion sur le rapport entre la traduction et la notion de frontière, tant physique que métaphorique, afin d’analyser le rôle que la traduction et les traducteurs jouent dans les échanges interlinguistiques et interculturels.
La frontière, cette limite entre deux territoires, prend parfois la forme d’une véritable région frontalière, avec toute la complexité que cela implique. En traductologie, l’un des principaux apports des théories « culturelles », néo-coloniales, et féministes a été de formuler la problématique de la traduction en termes pluriels, en dépassant l’aspect binaire de la culture source et de la culture cible. La traduction se présente alors comme un espace d’échange, de mixité, de métissage linguistique (aspects linguistiques, culturels, sociologiques, voire anthropologiques de la traduction); mais aussi un lieu de pouvoir (création des identités nationales, contrôle des influx migratoires et des influences étrangères, question des politiques linguistiques et culturelles), et potentiellement, de conflit (enjeux politiques et diplomatiques de la traduction, rôle des traducteurs et interprètes comme médiateurs).
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