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No Future ? L'homoparentalité et la question de l'intérêt de l'enfant

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Bruno Perreau : MIT - Massachusetts Institute of Technology

Résumé de la communication

Les débats sur l'homoparentalité en Occident ont placé la question de l'intérêt de l'enfant en leur centre, sans pour autant que cette notion ne soit jamais définie. Qui est cet enfant abstrait dont l'intérêt serait menacé ? Qui parle en son nom ? Pourquoi privilégier un modèle parental basé sur une logique des « places » paternelle et maternelle plutôt qu'une intelligence éducative et affective ad hoc ?

Je montrerai que l'intérêt de l'enfant prend appui sur une éthique de sollicitude et oriente les politiques publiques vers la satisfaction des générations futures. Selon le philosophe Ian Shapiro, l'intérêt de l'enfant implique une responsabilité pour autrui qui fonctionne comme un contre-poids interne à la tradition du libéralisme politique (« Governing Children », Democratic Justice, 1999, 64-109). L'intérêt de l'enfant permettrait de contrebalancer l'insécurité produite par le marché et la libre circulation des biens et des personnes en se focalisant l'avenir.

Dès lors, la faible connaissance des cultures homosexuelles et des formes de responsabilité qu'elles ont développées (intergénérationnelles, transnationales, amicales, etc.) peut expliquer les résistances à l'homoparentalité. Je montrerai que la relation au futur dans les cultures homosexuelles n'est pas exclusivement temporelle et, qu'en cela, elle apporte un démenti cinglant au paradigme de la gouvernance par anticipation.

Résumé du colloque

Organisé par l'équipe de recherche Sexualités et Genres : Vulnérabilités, Résiliences, ce colloque propose une exploration multidisciplinaire des thèmes actuels en recherche concernant les enjeux vécus par les familles issues de la diversité sexuelle, ici et ailleurs. Il fera état de la réalité de ces familles, c’est-à-dire celles dont au moins l’un des parents s’identifie comme lesbienne, gai, bisexuel-le, transgenre ou transsexuel-le.

Ces familles ont comme particularité la dissociation qu’elles font entre la procréation et l’éducation des enfants alors qu’elles mettent en évidence une certaine rupture entre les aspects biologiques, sociaux et légaux dans le lien parent-enfant. En effet, pour se concrétiser, le projet parental des gais et lesbiennes doit nécessairement impliquer une tierce partie, que ce soit un donneur ou une donneuse de gamètes, une femme qui acceptera d’agir comme « mère porteuse », ou encore des parents d’origine d’un enfant adoptable. Quant aux familles transparentales (c’est-à-dire celles dont l’un des parents présente une transidentité), si elles n’impliquent pas nécessairement un apport extérieur à l’unité conjugale pour s’établir, elles doivent néanmoins composer avec une transformation du rôle parental induit par la nouvelle identité de genre,a fortiori lorsque celle-ci se produit après la création de la famille. Enfin, même si au Québec elles ont atteint l’égalité juridique depuis dix ans grâce à la Loi instituant l’union civile et les nouvelles règles de filiation, les familles issues de la diversité sexuelle doivent faire face à des enjeux et défis spécifiques reliés au contexte hétéronormatif dans lequel elles évoluent.

Concrètement, ce colloque abordera les thèmes suivant : a) enjeux et défis sociojuridiques auxquels font face ces familles; b) impacts de l’homophobie, de la transphobie et de l’hétéronormativité sur leur bien-être; c) besoins des familles en terme de services ou de programmes d’intervention; d) vécu des enfants et; e) état des lieux des recherches sur le sujet dans la francophonie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 10 mai 2013

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